(Mise à jour) Egg quitte la France

La banque en ligne britannique cherchait un repreneur pour ses activités hexagonales. Elle va finalement se résoudre à fermer Egg France.

(Mise à jour) Egg quitte la France

En grande difficulté, la filiale hexagonale de la banque en ligne britannique n’a pas trouvé de repreneur. Egg vient en effet d’annoncer « son intention d’entamer des discussions préliminaires sur la possibilité de fermer Egg en France ».

La société britannique était arrivée en France en 2002 en rachetant Zebank, la banque tout Internet du groupe Arnault. Faute d’avoir pu mettre fin à l’hémorragie financière, Egg prend donc la voie du repli. Elle affirme que l’argent et les investissements de ses clients français restent garantis.

Première parution le 22/10/2003

Y a-t-il une malédiction de la banque en ligne dans l’Hexagone ? Après avoir racheté Zebank début 2002, le britannique Egg (filiale de l’assureur Prudential) se retrouve à son tour embourbé sur le marché français. Le chiffre d’affaires de la filiale française ne décolle pas.

Pour sortir de l’ornière, le PDG d’Egg, Paul Gratton, déclare que l’établissement financier négocie actuellement pour s’allier à un « partenaire stratégique », sous la forme d’un joint-venture. D’autres solutions de sortie de crise sont également envisagées, et la direction de la banque n’exclue pas de parvenir à un accord d’ici à la fin de l’année.

Egg annonçait aujourd’hui ses résultats trimestriels. Sur les neuf premiers mois de l’année 2003, la banque en ligne aura enregistré une perte opérationnelle de 69,5 millions de livres (99,3 millions d’euros) en France. A contrario, Outre-Manche, Egg affiche un résultat positif de 56,7 millions de livres (81 millions d’euros).

Une timide embellie en France

Ainsi, quand Egg France n’émet que 16 000 nouvelles cartes de crédit sur l’ensemble du troisième trimestre, en Grande-Bretagne Egg recrute 145 000 nouveaux clients et écoule 167 000 cartes de crédit.

« Les Français restent attachés à leur guichet , commente Pierre Bucaille, analyste bancaire chez Fideuram-Wargny. Internet n’a pas cannibalisé les réseaux bancaires. De plus, les situations françaises et britanniques sont bien différentes. En Grande-Bretagne, le service bancaire est bien moindre qu’en France. Là-bas, à moins d’être riches et fortunés, les gens n’ont pas de contacts directs avec leur banquier. En France ce n’est pas le cas. »

« Enfin , ajoute Pierre Bucaille, en ce qui concerne Egg, les gens sont venus avant tout pour les produits d’appel. Ils n’y ont pas mis leur salaire. Juste un peu d’épargne. »

Or, pour la France, Egg avait prévu un plan de développement jusqu’en 2005, avec des investissements avoisinant les 300 millions d’euros. Aujourd’hui, avec un tassement significatif de ses pertes opérationnelles de 5 millions d’euros sur le troisième trimestre 2003, Egg France entrevoit une timide embellie.

Mais l’objectif de un million de comptes sur le marché français, que s’était fixé Egg à l’horizon 2005, semble toujours très lointain. Et la banque en ligne ne pourra pas supporter très longtemps – et toute seule – le poids des dérapages financiers de sa filiale française.

[source – 01net.com] Philippe Crouzillacq