Pour Nicolas Sarkozy, la réforme des 35 heures passe par le volontariat

Le ministre français de l’Economie Nicolas Sarkozy a réaffirmé son choix du volontariat comme base de réforme des 35 heures, rejetant tout accord s’apparentant à celui signé dans deux usines du groupe allemand Siemens, qu’il assimile à du « chantage », dans un entretien au Monde.

La réforme des 35 heures « doit reposer sur un principe: le libre choix », a martelé Nicolas Sarkozy dans un entretien au quotidien français, daté de dimanche-lundi.

Le ministre en a ainsi profité pour préciser ses propos de jeudi, où il avait assuré à un parterre d’hommes d’affaires que l' »on peut réformer les 35 heures en gardant comme base le volontariat (…) que ceux qui veulent rester à 35 heures y restent, mais que ceux qui veulent travailler plus puissent le faire ».

Pour M. Sarkozy, le but de la réforme est de permettre « à ceux qui le veulent de travailler plus pour gagner davantage. Les autres doivent pouvoir rester aux 35 heures, qui resteront en toute hypothèse la durée hebdomadaire légale ».

Toutefois, pour que la réforme soit acceptée des salariés, il faudra que ceux-ci y trouvent également leur compte, et « s’il y a des gains de productivité, les salariés doivent en récupérer une partie sous la forme d’augmentation de salaires », a-t-il poursuivi.

Le ministre écarte donc tout scénario ressemblant de près ou de loin à l’accord signé fin juin dans deux usines du sud de l’Allemange appartenant au groupe technologique Siemens, où les salariés sont repassés de 35 à 39 heures hebdomadaires, sans compensations salariales, en échange de l’abandon d’un projet de délocalisation vers la Hongrie.

« On ne peut pas demander aux salariés de travailler 39 heures en restant payés pour 35 heures (…) et dire aux gens, comme il semble que les dirigeants de l’entreprise l’aient fait : +Si vous n’acceptez pas de travailler plus sans gagner plus, on délocalise+, c’est un chantage qui ne serait pas acceptable chez nous », a-t-il expliqué.

Nicolas Sarkozy envisage une période de quinze jours au début de chaque année, au cours de laquelle « chaque salarié pourrait faire acte de volontariat dans son entreprise, en choisissant d’être candidat pour faire des heures supplémentaires ou de rester à 35 heures ».

« En agissant ainsi, on ne remettrait pas en cause un acquis social, mais nous offririons un nouvel espace de choix », a-t-il précisé.

Le ministre de l’Economie compte bien également s’attaquer aux délocalisations, mais en écartant toute mesure coercitive, qui ne « servirait à rien, (les entreprises) partiront quand même ».

« En matière de défense, comme en matière économique, les lignes Maginot, ça ne marche pas », a-t-il estimé.

M. Sarkozy suggère à l’inverse de mettre en place des « procédures (de licenciements collectifs) plus courtes et plus souples, mais des indemnités plus élevées pour les salariés, une obligation de les informer plus tôt des difficultés de l’entreprise et plus d’ambition pour la formation et le reclassement ».

M. Sarkozy rêve même d’attirer des délocalisations vers la France, grâce à des exonérations « d’impôts et de charges (pour) les entreprises qui relocaliseront des emplois en France dans des zone économiquement dévastées — celles où l’on compte 20% à 30% de chômeurs ».

« Avec les partenaires sociaux, nous avons un grand champ de discussions », a-t-il affirmé.

Il lui faudra cependant non seulement convaincre les salariés, mais aussi le patronat français, qui a déjà opposé une fin de non-recevoir à cette proposition informelle, le Medef récusant dès mardi toute ouverture de négociations sur le code du travail.

[source – boursorama.com] AFP