Bordeaux inaugure son nouveau tramway sans fil dans une joyeuse cohue

Après plus de trois ans de travaux gigantesques, Bordeaux a inauguré dimanche son nouveau tramway sans fil dans une joyeuse cohue festive, malgré quelques incidents techniques qui ont perturbé la première journée de circulation.

Pour le « jour T », une foule immense a envahi les rues, à la découverte du transport futuriste qui circule dans le centre historique sans caténaires ni câbles électriques aériens, grâce à un système d’alimentation électrique par le sol (APS).

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Spécialement venu inaugurer le projet-phare du député-maire UMP Alain Juppé, le président Jacques Chirac a été accueilli par des centaines de badauds massés devant la mairie, sur une place entièrement rénovée dans le cadre des grands aménagements lancés en même temps que le chantier du tramway.

Un peu plus tard, après un bref trajet en tram, le chef de l’Etat a salué dans son discours inaugural l' »allure bienveillante et dynamique » de la création d’Alstom, son confort, sa rapidité, ses « grandes vertus écologiques » et son accessibilité aux handicapés.

Avant même le lever du jour, les Bordelais ont bravé la pluie et l’obscurité pour prendre d’assaut les premières rames, « moment historique » très attendu dans une ville éventrée par les travaux pendant de longs mois.

Entre jeunes fêtards émergeant des boîtes de nuit et familles endimanchées tout juste sorties du lit, les premiers départs, à 05H00 du matin, ont été salués par des cornes de brume, des applaudissements et des cris de joie.

Un peu plus tard, cependant, beaucoup sont restés à quai alors qu’une série de pannes perturbait la circulation. L’incident le plus long, lié à la surcharge d’une rame, a duré plus d’une heure en fin de matinée.

« Ce n’est pas le système APS qui est en cause mais le matériel roulant qui a provoqué des court-circuits », selon la direction tramway de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB).

Avec l’affluence, quelques malaises et bagarres ont ponctué la journée. Certains ont mis une heure et demie pour effectuer un parcours de quinze minutes. « On était serré comme des sardines », racontent Huguette et Pierrette, deux mamies qui ont dû finir leur trajet inaugural à pied.

Mais, malgré tout, l’atmosphère était à la fête, dans une ville noire de monde. « Les gens se parlent, il y a moins de voitures, ça devrait être comme ça tous les jours », plaisante un couple, qui déguste quelques huîtres dans la rue.

Alain Juppé, lui, espère que « le tram pourra fonctionner à pleine puissance à partir de lundi ».

Autre incertitude, le financement de la deuxième tranche du tramway, menacé par la décision de l’Etat de supprimer les aides aux transports publics de province.

Malgré l’insistance du chef de l’UMP, aucune promesse n’a été faite dimanche, alors que les récentes restrictions budgétaires de l’Etat reviennent à supprimer les 106,5 millions d’euros prévus pour la deuxième phase, d’un coût total de 521 M Eur.

Alain Juppé compte « quoiqu’il arrive » réaliser le chantier d’ici 2007 « selon le tracé prévu ». La première ligne partiellement inaugurée dimanche relie, sur une dizaine de km, les banlieues de Lormont et Cenon au centre-ville. Finalement le tramway, qui couvrira 43,5 km, coûtera 1,1 milliards d’euros.

[source – yahoo.com] (AFP)