Epson accusé de pousser à la consommation d’encre

Des consommateurs américains portent plainte contre le fabricant suspecté de trafiquer ses cartouches d’encre. Epson contre-attaque, avis d’experts à l’appui.

Les puces incorporées dans les cartouches d’encre sont une nouvelle fois au coeur de la polémique. Des consommateurs américains viennent de porter plainte contre Epson. Ils l’accusent de truquer ses cartouches pour raccourcir leur durée de vie artificiellement. Les puces Intellidge du fabricant sont en effet programmées pour stopper toute impression après un certains nombre de pages, alors même que les recharges contiennent encore de l’encre. Et en quantité non négligeable : selon une étude publiée cet été par le magazine anglais Which , ce surplus permettrait de produire 38 % de documents supplémentaires. Au prix du litre d’encre, plus proche du Saint-Emilion que de la Villageoise, la nouvelle n’a guère été appréciée par les consommateurs.

Au mois de juillet, l’association de consommateurs hollandais ConsumentenBond appelait ses membres au boycott des consommables Epson… mais se rétractait publiquement quelques jours plus tard, visiblement convaincu par les arguments du fabricant japonais.

La facture de l’encre s’arrête avant les bulles d’air…

Cette plainte récente d’utilisateurs américains relance toutefois la polémique. D’où le communiqué officiel publié par Epson il y a deux jours. Le fabricant s’explique une nouvelle fois sur sa technologie d’impression : « La réserve d’encre contenue dans nos cartouches joue un rôle essentiel pour maintenir la qualité d’impression et éviter l’endommagement des têtes d’impression causé par l’introduction de bulles d’air lorsqu’il n’y a plus d’encre dans la cartouche . »

Et pour prouver sa bonne foi, Epson en appelle à des experts, sensés faire autorité dans le domaine des technologies d’impression. « Oui, il peut rester de l’encre dans les cartouches, mais cela est dû à leur conception, pour protéger et assurer la longévité de l’imprimante. Et, puisque les cartouches sont facturées sur la base du nombre de pages produites et non pas sur le volume d’encre, les consommateurs ne sont en aucun cas lésés », assure Jim Forrest du cabinet Lyra Research. Autrement dit, les utilisateurs ne payent pas l’encre qu’ils n’utilisent pas.

Epson met par ailleurs en garde les utilisateurs tentés de désactiver les puces Intellidge au moyen de petits logiciels disponibles sur le Web, afin de consommer la réserve d’encre résiduelle. Selon les responsables de la société, cela peut conduire à dégrader la qualité d’impression et, dans le pire des cas, à endommager l’imprimante.

[source – 01net.com] Stéphane Long