Microsoft essaie de rallier à sa cause des parlementaires américains contre les sanctions antitrust qu’envisage la Commission européenne, a-t-on appris de sources du Congrès.
La CE avait annoncé en août qu’elle pourrait infliger à Microsoft une amende et de lui imposer des changements de comportement qui pourraient aller au-delà de l’accord antitrust par le groupe conclu avec les autorités américaines.
Le premier éditeur mondial de logiciels estime que les sanctions envisagées en Europe pourraient contredire le règlement rattifié en justice avec le gouvernement américain en 2002 et perturberaient son activité.
Des lobbyistes de Microsoft ont sensibilisé il y a un mois des membres clés de la Commission judiciaire du Sénat, ont précisé ces sources à Reuters.
« Ils pensent que ce que fait l’Union européenne est inhabituel et mauvais et ils veulent qu’il y ait des pressions sur (le commissaire européen à la Concurrence Mario) Monti dans la mesure du possible », a précisé une source.
Les lobbyistes de Microsoft comparent les sanctions envisagées à la décision de l’UE d’empêcher le rachat de Honeywell International par General Electric, en 2001, mais l’éditeur de logiciels n’a pas demandé de mesures spécifiques, a-t-on ajouté de même source.
La décision européenne sur GE-Honeywell avait entraîné des protestations de responsables américains qui se demandaient si la CE ne cherchait pas plus à protéger les concurrents qu’à favoriser la concurrence.
Jim Desler, porte-parole de Microsoft, s’est refusé à tout commentaire quant à d’éventuelles discussions avec les députés américains, se bornant à rappeler que le groupe avait toujours été en contact avec des membres du Congrès sur des questions de concurrence ces dernières années.
Desler a souligné que Microsoft coopérait avec la CE pour parvenir à s’entendre sur l’affaire qui fera l’objet d’une audience à huis clos devant la Commission en novembre.
DIFFERENCES D’APPRECIATION
La CE veut que le premier éditeur mondial de logiciels révèle les codes informatiques cruciaux pour son système d’exploitation Windows qui lui permet de fonctionner avec les serveurs.
La Comission estime que Microsoft conçoit son logiciel d’entrée de gamme – qui gère l’ensemble des opérations, des sites web aux systèmes de messagerie électronique – afin qu’il fonctionne mieux avec Windows qu’avec les autres systèmes d’exploitation, comme ceux de Sun Microsystems et d’Oracle.
La Commission pourrait également obliger le groupe à arrêter le groupage de Windows Media Player avec Windows ou de proposer des programmes de logiciels concurrents dans ses offres.
Le département américain de la Justice avait accepté un accord avec moins de restrictions contraignantes qui visaient à laisser aux fabricants d’ordinateurs plus de latitude pour choisir des logiciels autres que ceux de Microsoft. Il avait également demandé à Microsoft de proposer une licence pour le code nécessaire pour faire fonctionner le logiciel des serveurs avec le système d’exploitation avec des modalités « raisonnables ».
Si Microsoft est obligé de vendre Windows sans Media Player en Europe, il pourrait être confronté au fait de proposer la même restriction aux Etats-Unis ou de vendre une version différente dans son pays d’origine.
« S’ils devaient avoir deux systèmes d’exploitation différents, ce serait un cauchemar pour eux », a expliqué une autre source du Congrès américain.
[source – yahoo.com] (Reuters)
