« La copie pirate de musique sur Internet, débat politique et civique », selon M. Aillagon

Le ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon a estimé mercredi soir que « le problème de la copie pirate de musique sur Internet constitue un débat politique et civique ».

« Ne pas abuser de la copie privée est une règle de bon sens. Défendre les droits d’auteurs est un droit premier. La technologie a changé la donne : un accès libre sans paiement épuisera la création et l’édition », a mis en garde le ministre.

M. Aillagon participait à un forum organisé à la FNAC Digitale de Paris sur les menaces et les opportunités qu’Internet peut générer pour l’industrie musicale qui a enregistré en France un nouveau recul de 9 % au premier semestre 2003.

« Chacun de nos concitoyens doit se rendre compte que la musique a un prix », a indiqué le ministre qui a appelé à une sensibilisation du grand public « contre la piraterie musicale qui n’est pas perçue, comme l’a longtemps été, la photocopie d’oeuvres ».

Pour M. Aillagon « il faut trouver un équilibre entre la liberté de l’accès et la protection des intérêts de la chaîne des ayants droit », rappelant que la transposition de la directive des droits d’auteurs sur la société de l’information est engagée.

« Il y a lieu d’apporter à notre droit les évolutions face aux révolutions technologiques », a-t-il précisé.

Le ministre s’est déclaré « ne pas être gêné » par le principe d’un contingent de la copie privée d’une oeuvre. « Entre usage toléré et abus de la copie privée, il y a une nuance », a-t-il estimé.

Le chanteur CharlElie, qui participait aussi à ce forum, s’est déclaré « angoissé, paniqué et en colère » par le phénomène du piratage de la musique sur Internet.

« La musique est devenue virtuelle, dans une sorte d’abstraction. Le public n’a plus conscience du travail de musiciens », a-t-il regretté.

Représentant de l’industrie musicale, Pascal Nègre, président de Universal Music France, considère que « pouvoir échanger sans payer de la musique sur le dos des créateurs, ce n’est pas un progrès ».

Commentant la première offensive judiciaire lancée lundi aux Etats-Unis par l’industrie du disque contre des Internautes adeptes du piratage, M. Nègre a estimé « qu’il valait mieux mettre les dealers en prison, plutôt que les fumeurs de pétards », évoquant notamment les fournisseurs d’accès et créateurs de plateformes d’échanges illégaux.

[source – yahoo.com] (AFP)