La Nasa aurait pu envoyer une navette pour tenter de secourir Columbia

S’il avait su que Columbia risquait de se désintégrer dans l’atmosphère, le patron de la Nasa, Sean O’Keefe, aurait tout tenté et peut-être envoyé une autre navette pour aller chercher les sept astronautes, a-t-il affirmé dans une interview à l’agence Associated Press (AP).

Durant la mission de Columbia en janvier dernier, les experts avaient conclu que les dégâts occasionnés à l’aile gauche par un choc avec un débris au décollage ne présentaient pas de risques majeurs pour la navette. Mais certains ingénieurs ont estimé que même si le danger avait été connu, rien n’aurait pu être fait pour sauver l’équipage.

Sean O’Keefe rejette ce point de vue. « Même si nos chances auraient été minces, nous aurions fait tout notre possible pour tenter de (les sauver), y compris envisager d’envoyer un autre vaisseau orbital », a-t-il déclaré. « Nous ne les aurions jamais abandonnés. »

En janvier, un lancement de la navette Atlantis était prévu pour le 1er mars et les experts estiment que les préparatifs en vue de son décollage auraient pu être accélérés si l’on avait su que Columbia avait besoin d’aide.

Sean O’Keefe cite le sauvetage d’Apollo 13 durant lequel les ingénieurs de la Nasa ont innové pour ramener sur Terre les trois astronautes après l’explosion d’un réservoir d’oxygène lors d’un vol vers la Lune en 1970. « Aucun d’eux n’avait été préparé à ça et pourtant ils (…) ont employé tous les moyens possible », dit-il. Il a ajouté qu’un effort similaire aurait pu être entrepris pour Columbia.

L’amiral à la retraite Harold Gehman, président de la Commission d’enquête sur l’accident de Columbia, a déclaré la semaine dernière que la commission avait demandé à la Nasa d’étudier ce qui aurait pu être fait pour améliorer les chances de survie des astronautes.

Celui-ci a confirmé les propos du patron de la Nasa. Ce sauvetage aurait été « techniquement faisable », a souligné M. Gehman lors d’une conférence de presse téléphonique, ajoutant qu’une telle mission aurait été « très, très risquée, mais pas impossible ». « Je ne sais pas du tout si elle aurait été réussie ou non », a-t-il toutefois indiqué.

Columbia s’est désintégrée au-dessus du Texas le 1er février lors de son retour dans l’atmosphère, accident qui a coûté la vie aux sept astronautes. Les trois navettes restantes de la Nasa sont clouées au sol en attendant les résultats de l’enquête sur les circonstances du drame.

Selon les enquêteurs, le bouclier thermique de l’aile gauche de Columbia aurait présenté une fissure par où l’air brûlant se serait engouffrée lors de la rentrée dans l’atmosphère faisant fondre les supports métalliques à l’intérieur de l’aile. Le bouclier aurait été endommagé au décollage par un choc avec un débris provenant du réservoir extérieur.

[source – yahoo.com] (AP)