Les autorités chinoises ont fait savoir mercredi que le nombre de cas de pneumonie atypique à Pékin, ville la plus touchée au monde, allait bientôt diminuer mais que l’épidémie risquait de faire des ravages dans les campagnes chinoises.
Selon les derniers chiffres, le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) a tué 16 personnes de plus en Chine, Hong-Kong compris, et en a contaminé plus de 160 autres. Le bilan mondial de cette épidémie approche désormais des 500 morts, alors que plus de 7.300 personnes sont infectées.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la Chine, où plus de 420 malades sont décédés après avoir contracté le Sras et où plus de 6.000 individus sont contaminés, est la région clé pour le contrôle mondial de l’épidémie.
Une équipe de quatre spécialistes de l’OMS devait visiter jeudi la province du Hebei, autour de Pékin, pour y évaluer la capacité des infrastructures médicales locales à lutter contre le Sras. Le nombre de cas probables dans cette province a augmenté très fortement ces derniers jours. Le Hebei est le lieu de résidence de nombreuses personnes travaillant à Pékin.
Jusqu’à présent, la plupart des cas se concentraient dans l’agglomération pékinoise et dans la ville de Guangzhou. Peu de cas étaient recensés dans les campagnes.
CAMPAGNES A RISQUE
Le Premier ministre Wen Jiabao a déclaré que des mesures préventives dans les zones rurales, dont les installations médicales sont relativement faibles, s’imposaient.
« La campagne dispose des canaux nécessaires à la propagation de l’épidémie et représente par conséquent un risque potentiel », a-t-il dit, selon l’édition de mercredi du Quotidien du peuple.
Lors d’une réunion de son gouvernement, Wen a par ailleurs estimé que l’impact de l’épidémie sur la croissance économique chinoise était « de plus en plus visible ».
Il a déclaré que le pays devait assurer un développement stable et minimiser les pertes de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme pour atteindre ses objectifs d’une croissance de 7% cette année. Elle était de 8% en 2002.
Les autorités chinoises, qui ne recensent pas les chiffres de Hong Kong dans leurs bilans, ont fait état mercredi de cinq nouveaux décès dus à la pneumonie atypique et de 159 cas supplémentaires. Trois des nouveaux décès et 97 des malades répertoriés mercredi concernent Pékin.
L’administration autonome hong-kongaise déplore pour sa part la mort de 11 patients et huit nouveaux cas. Le bilan pour l’ancienne colonie britannique atteint 204 morts pour 1.654 malades. Vingt-six guérisons ont par ailleurs été enregistrées mercredi, portant le total des rémissions à 984.
Les cas de Sras signalés quotidiennement à Pékin devraient commencer à décroître d’ici une semaine à dix jours, ont assuré mercredi les autorités sanitaires.
« Le taux de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) commencera à décliner dans sept à dix jours, mais il ne devrait pas atteindre le niveau zéro en deux semaines, dans la mesure où la maladie aura un impact prolongé », a déclaré Liang Wannian, directeur-adjoint de l’Administration sanitaire de Pékin.
CONTROLES ET QUARANTAINES EFFICACES
Taiwan a annoncé mercredi que le syndrome respiratoire aigu sévère avait entraîné la mort de deux nouvelles personnes, portant le bilan de l’épidémie sur l’île à 13 morts. Le nombre de cas de Sras passe à 338, contre 311 auparavant. Pour les experts de l’île, l’épidémie pourrait être maîtrisée dès la fin mai.
Le Sras, pour lequel n’existe actuellement ni vaccin ni traitement standard, serait apparu en novembre dans le Sud de la Chine. L’OMS a estimé sur son site internet que le contrôle des passagers aux aéroports et les mises en quarantaine se révélaient efficaces pour contrôler la maladie.
Singapour a annoncé mercredi avoir besoin de dix jours supplémentaires pour pouvoir affirmer avoir circonscrit l’épidémie de Sras.
« Si au cours des dix prochains jours il n’y a pas de nouveaux cas – ce qui correspond à deux périodes d’incubation – nous serons en mesure de dire que l’épidémie est maîtrisée à Singapour », a déclaré Chew Suok Kai, directeur du département d’épidémiologie et de contrôle des maladies au ministère de la Santé. Les Etats-Unis ont supprimé mardi la cité-Etat de leur liste des pays à éviter car touchés par la maladie, estimant qu’elle avait endigué la propagation du virus.
Une équipe de chercheurs internationaux a annoncé mercredi que, selon ses enquêtes, le taux de mortalité du Sras pourrait atteindre les 55% chez les personnes de plus de 60 ans et 13% pour les moins de 60 ans.
Mercredi, le groupe suisse Roche Holding a déclaré qu’il disposerait probablement en juin d’un test de dépistage du virus du Sras, mais a souligné que celui-ci ne serait d’abord communiqué qu’aux chercheurs, sa mise sur le marché risquant de prendre au moins 18 mois.
[source – yahoo.com] John Ruwitch
