Le ministre de l’Education, Luc Ferry, a réaffirmé sa détermination à poursuivre les réformes malgré un nouveau mouvement de grève des enseignants, le quatrième depuis le début de l’année scolaire.
Le problème est de savoir si on veut réformer l’Education nationale ou pas. Le seul moyen que je connaisse de ne pas avoir de grève et d’acheter la paix civile, c’est de ne rien réformer du tout. Ne comptez pas sur moi pour le faire », a-t-il déclaré sur France Inter.

« Le but de l’opération, c’est d’essayer de faire en sorte que je ne fasse rien. (…) Il ne faut pas compter sur moi pour ne rien faire. Je ne suis pas là pour m’amuser. Je suis là pour faire des vraies réformes parce que je pense qu’elles sont nécessaires », a-t-il souligne.
L’ensemble des fédérations (FSU, Unsa-Education, SGEN-CFDT, FAEN et FERC-CGT) ont appelé à la grève. On ne disposait pas pour l’heure d’estimations précises sur l’ampleur de la mobilisation.
Cette quatrième grève, sans compter la manifestation nationale organisée le 8 décembre à Paris, coïncide avec le premier anniversaire de la nomination de Jean-Pierre Raffarin à Matignon.
Les personnels de l’Education nationale protestent contre les réductions budgétaires et les conséquences de la décentralisation sur leurs emplois. Ils se remobiliseront le 13 mai à l’occasion de la journée d’action nationale pour la défense des retraites.
Qualifiant les réformes décidées par le gouvernement de « courageuses », Luc Ferry s’est élevé contre l’idée que le budget de l’Education nationale ait baissé. « Mon budget a augmenté de 2,2% », a-t-il affirmé.
« Le but est de faire en sorte que de nouveaux acteurs s’investissent dans le grand service public de l’Education nationale, et c’est évidemment une bonne chose », a expliqué le ministre, qui s’est voulu rassurant.
FERRY: RETRAITE A 60 ANS PAS REMISE EN CAUSE
« Le service public de l’Education nationale ne sera en rien démantelé. Ni la définition des diplômes, ni le recrutement des profs, ni la définition des voies de formation, ni la définition des programmes ne seront contestés, cela restera totalement national, défini par le ministère », a-t-il assuré.
A une semaine de la journée de mobilisation nationale pour la défense des retraites, Luc Ferry a confirmé que « le principe de la retraite à 60 ans ne sera pas remis en cause ».
Il a annoncé qu’il présenterait dans les prochains jours une série de propositions sur les retraites et « la qualité de vie ».
A l’Education nationale, la pression monte après un mois d’avril qui a vu se multiplier spontanément les grèves perlées ou reconductibles dans les écoles, collèges et lycées de plusieurs académies, notamment sur l’île de la Réunion et en Ile-de-France.
L’intersyndicale a d’ores et déjà prévenu qu’elle entendait « construire un processus d’action dans la durée qui, s’appuyant sur la dynamique créée par les mobilisations locales qui se développent, permettra de les amplifier ».
Les syndicats s’alarment du transfert aux collectivités locales de plus de 110.000 emplois d’agents non-enseignants (assistantes sociales, conseillères d’orientation-psychologues, médecins scolaires, techniciens, ouvriers et agents d’accueil) qui leur fait craindre un « démantèlement du service public ».
« Les suppressions d’emplois sont maintenues et les prévisions du budget 2004 sont alarmantes », dénonce aussi l’intersyndicale, qui conteste toujours la loi sur les « assistants d’éducation » récemment adopté par le Parlement.
La nouvelle loi se traduira à la rentrée de septembre 2003 par la suppression de 5.600 postes de surveillants et par le non-renouvellement de 20.000 aides-éducateurs, qui seront remplacés par 16.000 assistants d’éducation.
Pour tenter de calmer les esprits, Luc Ferry a envoyé le mois dernier à 800.000 enseignants une « Lettre à tous ceux qui aiment l’école », suivie d’une « Lettre flash » par courrier électronique intitulée « La décentralisation : une chance pour le service public d’Education nationale » adressée à tous les personnels. Sans parvenir à les convaincre.
[source – yahoo.com] (Reuters)
