Seul inculpé aux Etats-Unis dans l’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, le Français Zacarias Moussaoui continue de contester les charges retenues contre lui. Il souhaite à présent que le ministre américain de la Justice, John Ashcroft, réponde à un « quizz » sur la théorie retenue par l’administration quant à son rôle en tant que terroriste.
Certaines des 17 plaidoiries manuscrites de l’accusé rendues publiques jeudi par la juge fédérale Leonie Brinkema comportent une version de ce questionnaire, dans lequel il est demandé au ministre américain de cocher une des quatre cases. Plusieurs choix sont possibles:
– 20e pirate de l’air
– 5e pilote porté disparu
– Moi, Ashcroft, ne sais pas répondre
– Qu’on le tue, quoi qu’il ait fait
« Premier prix: un siège en première classe à l’exécution de Zacarias Moussaoui », précise le questionnaire. Avant de conclure: « C’est une blague, cela n’arrivera pas. »
La juge Leonie Brinkema a statué que le Français, membre reconnu du réseau terroriste Al-Qaïda, avait le droit de savoir pourquoi le gouvernement américain affirme qu’il aurait dû être le cinquième pilote lors des attentats du 11 septembre contre le World Trade Center et le Pentagone. Une théorie que l’accusation n’a jamais publiquement justifiée.
Dans ses propositions, Zacarias Moussaoui répète à plusieurs reprises qu’il doit être autorisé à interroger les prisonniers d’Al-Qaïda retenus par les autorités américaines. Selon lui, leurs témoignages pourraient prouver qu’il n’était pas impliqué dans les attentats.
La juge Brinkema l’a autorisé à interroger directement au moins l’un d’entre eux, le Yéménite Ramzi Binalshibh, coordinateur présumé des attentats. Mais le gouvernement a fait appel de cette décision et des discussions secrètes sont actuellement en cours pour trouver un compromis qui permettrait à l’inculpé d’avoir accès aux déclarations de Binalshibh.
Zacarias Moussaoui risque la peine de mort s’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Le Français d’origine marocaine affirme que le gouvernement américain, la magistrate et même ses avocats commis d’office complotent pour le supprimer. Dans une de ses plaidoiries, il affirme qu’il sera bientôt libéré et pourra quitter les Etats-Unis.
Faisant référence à l’avocat de la défense Frank Dunham, Moussaoui affirme: « Il ne fait aucun doute que Dunham deviendra fou quand moi, Zacarias Moussaoui, je quitterai les Satans-Unis en première classe d’un 747. Non fumeur. Sans alcool. Sans femme. »
Dans une autre proposition, il va jusqu’à mettre le président américain George W. Bush au défi « d’arrêter de jouer les poules mouillées et (…) de participer à un combat aux couteaux, s’il veut me tuer ».
[source – yahoo.com] AP
