Chapeau Steve Jobs ! Apple a en effet réussi là où tous les autres services de musique en ligne ont échoué : convaincre les grands labels d’assouplir leur droit d’utilisation afin d’inciter les utilisateurs à payer pour télécharger des chansons sur Internet.
Avec l’iTunes Music Store, Kazaa, Morpheus et les autres services où les internautes s’échangent chaque jour illégalement des milliers de chansons ont désormais un concurrent sérieux. Depuis hier, les « Macintoshiens » ont accès, sans abonnement préalable, à un vaste catalogue musical de près de 200 000 titres, puisés chez les cinq grands labels (BMG, EMI, Sony Music, Universal Music et Warner Music). Mieux, il est possible d’écouter gratuitement les 30 premières secondes de chacun des titres avant même de les acheter, d’un clic de souris, et pour seulement 99 cents.
Mais la prouesse d’Apple ne s’arrête pas là. Une fois les morceaux téléchargés dans la nouvelle version du logiciel iTunes, le fan de musique pourra les graver sur des CD audio ou les transférer automatiquement vers le baladeur numérique d’Apple, l’iPod. « La copie est illimitée » , affirme Steve Jobs, alors que tous les autres services de musique en ligne, y compris ceux créés par les labels eux mêmes (PressPlay et MusicNet) limitent d’une manière ou d’une autre la copie des titres vers d’autres supports.
iTunes 4, qui est téléchargeable sur le site d’Apple, permet aussi à deux autres Macintosh d’accéder à sa liste personnelle de titres grâce à la technologie poste à poste Rendez-Vous.
Une limitation cependant, il n’est pas possible de graver sa playlist (genre de best of) plus de 10 fois. Passé la 10è gravure, l’utilisateur doit changer le contenu de sa playlist (rajouter et/ou enlever un ou plusieurs titres) s’il veut ensuite la graver encore 10 fois.
« Pour les labels, le service d’Apple est vu comme une expérimentation sans trop de risques, d’autant que le constructeur ne s’adresse qu’à une faible portion du marché [le Mac représente aujourd’hui moins de 3% du marché du PC, ndlr] » , explique Russ Weiss, avocat chez Morrison et Forester.
L’Europe n’est pas une priorité
Cependant, Steve Jobs a confirmé que le service musical d’Apple sera disponible d’ici la fin de l’année aux utilisateurs de Windows. Pour convaincre les labels, Apple a dû abandonner le MP3 pour le format audio MPEG-4 AAC (Advanced Audio Coding) issu des laboratoires de Dolby et de bien meilleure qualité.
Aujourd’hui, seule une poignée de baladeurs numériques sont capables de lire les fichiers au format AAC, dont les nouveaux iPod ainsi que les anciens après une mise à jour gratuite disponible sur le site d’Apple. Idem pour les logiciels de jukebox avec notamment iTunes 4 bien sûr, et Windows Media Player, avec le module AAC de l’allemand Nero.
En revanche, Apple ne prévoit pas dans l’immédiat de lancer son service en Europe. « Il n’y a pas de barrière lié au marché Européen, qui ne serait pas aussi mûr qu’aux Etats-Unis. C’est juste une question de priorité » , confirme Pascal Cagni, vice-président Europe d’Apple. Pour la version Windows du service, Apple devrait poursuivre sa collaboration avec MusicMatch, qui édite le jukebox livré avec l’iPod pour PC.
Trois nouveaux iPod
Les caractéristiques de la troisième génération des baladeurs d’Apple peuvent se résumer en quelques mots : plus fins, plus légers, plus de musique et moins chers.
Avant de présenter iTunes Music Store, Steve Jobs a dévoilé trois nouveaux iPod avec un disque de 10, 15 et 30 giga-octets de mémoire, pouvant stocker de 2 500 à 7 500 titres selon les modèles. Leur disponibilité est prévue en Europe mi-mai, au prix de 299, 399 et 499 euros respectivement.
L’iPod 3 reprend la mollette centrale de son prédécesseur tandis que les quatres boutons de la face avant deviennent eux aussi tactiles et rétro-éclairés.
Le menu de l’iPod est désormais paramétrable et il est enfin possible de créer sa propre liste de chansons favorites (playlist) directement sur l’appareil (On-The-Go) sans passer par le PC/Mac.
A partir du mois de juin, Apple commercialisera pour 20 euros environ un câble USB 2.0 qui viendra se brancher sur le port Firewire de l’iPod. Une aubaine pour les utilisateurs de PC qui n’auront plus à acheter une carte Firewire pour relier le baladeur à leur machine.
Par ailleurs, les modèles à 15 et 30 Go seront livrés avec une saccoche en cuir, une télécommande et un socle de connexion, qui servira à la fois à relier l’iPod au PC/Mac, à des hauts parleurs externes et à son chargement.
[source – 01net.com] Jean-Baptiste Su
