L’épidémie de pneumopathie atypique s’est étendue aux Philippines, Manille ayant confirmé vendredi la mort de deux malades et l’existence de deux autres cas, alors que Taïwan optait pour la mise en quarantaine d’un millier de patients et de professionnels de la santé.

Dans le même temps, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) pourrait donner lieu à une terrible épidémie en Chine, où le chef du gouvernement français est arrivé ce vendredi, ou encore en Inde ou au Bangladesh, jusqu’ici officiellement épargnés.
« Il y a divers pays au sujet desquels nous pourrions être réellement inquiets, dans la mesure où nous estimons qu’ils ne possèdent pas les capacités d’endiguer la maladie une fois introduite », a souligné Wolfgang Preiser, représentant de l’organisme onusien lors d’une conférence de presse organisée à Shanghaï. « Cela s’est peut-être déjà produit. Nous n’en savons rien », a-t-il ajouté.
Reçu par son homologue chinois Wen Jiabao au Palais du Peuple de Pékin, Jean-Pierre Raffarin a offert l’aide de la France pour lutter contre la maladie, dont 180 nouveaux cas ont été signalés vendredi.
« Dans la situation difficile que connaît aujourd’hui la Chine (…) nous pensons que nous sommes tous concernés et que nous devons tous faire des efforts », a déclaré le Premier ministre.
« La France est prête, au travers de l’OMS, à participer à la lutte que vous avez engagée et aux efforts de transparence que vous avez développés pour ce sujet », a-t-il ajouté.
Vendredi le gouvernement de Hong Kong a annoncé six nouveaux décès et 22 cas supplémentaires de contamination, ce qui porte le bilan pour la Chine, principal foyer d’infection, à 220 morts, dont 115 à Hong Kong, et 2.622 malades (1.510 pour l’ancienne colonie britannique).
A l’échelle mondiale, le bilan de la maladie s’élève à 276 décès et plus de 4.600 cas identifiés dans 25 pays, une liste à laquelle il faut désormais ajouter les Philippines.
L’EPIDEMIE SOUS CONTROLE AU VIETNAM
Le ministre philippin de la Santé Manuel Dyarit a en effet confirmé l’existence de quatre cas, deux des patients ayant succombé. Il s’agit selon lui d’un assistante médicale travaillant à Toronto, décédée durant un séjour dans l’archipel, et de son père.
A Taïpeh, les autorités sanitaires ont interdit jeudi l’accès à l’hôpital municipal Ho Ping où 25 cas suspects ont été répertoriés. Médecins, infirmiers, patients et visiteurs – soit un total d’un millier de personnes – vont devoir y rester en quarantaine durant deux semaines.
Des hauts responsables des ministères de la Santé des 10 pays de l’Association des nations du sud-est asiatique (Asean) ont entamé vendredi une réunion en Malaisie sur le renforcement de la coopération dans la lutte contre la pneumonie atypique.
Les ministres de la Santé y assisteront samedi. Cette rencontre est un prélude au sommet des chefs d’Etat qui se réuniront le 29 avril à Bangkok. Les décisions prises en Malaisie leur seront transmises en vue de leur adoption.
Au Canada, seul pays hors d’Asie où des décès ont été enregistrés, Toronto s’efforce de limiter les dégâts après l’avis de l’OMS conseillant aux voyageurs d’éviter la première ville du pays, devenue l’un des épicentres du virus du SRAS.
Les autorités de la métropole ont tenu jeudi une réunion d’urgence pour étudier les moyens de faire face à l’épidémie. La ville et sa région totalisent 16 décès.
Six nouveaux cas suspects ont par ailleurs été diagnostiqués aux Etats-Unis, portant le total des cas suspects à 245. Celui des cas probables reste quant à lui limité à 39 patients qui, à deux exceptions prêts, ont tous effectué des séjours en Asie ou à Toronto, rapporte l’agence américaine de contrôle des maladies.
Selon l’OMS, le Vietnam qui recense 63 cas et cinq morts, est quant à lui parvenu à contrôler la progression de l’épidémie à coup de mesures drastiques, de même que plusieurs pays européens.
[source – yahoo.com] Benjamin Kang Lim
