Le FMI, la Banque mondiale et le G7 Finances ont ébauché ce week-end à Washington ce que pourrait être la coopération internationale sur l’après-guerre en Irak, tout en essayant de se rassurer sur l’état de l’économie mondiale.

Après l’effondrement du régime de Saddam Hussein, l’Irak a logiquement monopolisé la rencontre des ministres des Finances des Sept (G7) pays les plus industrialisés et les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, samedi et dimanche dans la capitale américaine.

Et si les chefs d’Etat restent divisés sur le sujet, les grands argentiers du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), relayés par le Fonds et la BM, ne se sont pas embarrassés de considérations diplomatiques, face à l’urgence humanitaire et au désastre économique en Irak.
« Nous reconnaissons la nécessité d’un effort multilatéral pour aider l’Irak. Nous soutenons une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies », ont assuré les ministres des Finances du G7.
L’instance dirigeante du FMI, le Comité monétaire et financier international, a embrayé: « La situation actuelle en Irak pose d’importants problèmes, avec un besoin urgent de restaurer la sécurité, de soulager la souffrance humaine et de promouvoir la croissance économique et la réduction de la pauvreté ».
Rien de plus ne sera dit quant à cette nouvelle résolution des Nations Unies, si ce n’est qu’elle devra traiter de la levée des sanctions contre l’Irak et du rôle des institutions financières internationales. L’important est d’en avoir posé le principe et de l’avoir fait dans une certaine harmonie retrouvée.
« Je suis beaucoup plus optimiste aujourd’hui qu’il y a deux ou trois semaines, non seulement parce qu’on peut supposer que la guerre sera courte, mais surtout grâce à cette confirmation que l’esprit de coopération parmi les 184 membres du FMI est solide et intact », a déclaré Horst Koehler, le directeur général du Fonds.
Le FMI et la Banque mondiale ont obtenu un mandat de leurs Etats membres pour envoyer à Bagdad, dès que les conditions de sécurité le permettront, une mission d’évaluation des premiers besoins de l’Irak.
La dette irakienne a elle aussi suscité un relatif consensus, le G7 comme le FMI affirmant avec des mots identiques l' »importance de s’attaquer au problème de la dette irakienne » et se disant « impatients de voir le Club de Paris se saisir rapidement de la question ». Cette dette s’élèverait, selon des estimations concordantes, à plus de 120 milliards de dollars.
Quelques clivages sont cependant apparus, les Américains poussant pour un geste généreux à l’égard de Bagdad et les Européens se montrant au contraire soucieux de récupérer leurs créances et de ne pas léser les autres pays émergents. « Certes l’Irak aura besoin de notre attention mais (…) qu’on n’oublie pas qu’il y en a aussi beaucoup d’autres », a déclaré le ministre français des Finances, Francis Mer.
Il est vrai que l’issue imminente du conflit en Irak a relégué au second plan les inquiétudes sur l’économie mondiale tout comme la lutte contre la pauvreté.
Les ministres du G7, qui étaient apparus particulièrement soucieux lors de leur précédente réunion fin février, se sont montrés ce week-end plutôt rassurants sur la croissance, maintenant que la guerre en Irak est presque finie.
« La croissance dans la plupart de nos économies est restée modérée, bien que les incertitudes aient diminué », ont-ils reconnu. « Dans un environnement caractérisé par une faible inflation et des taux d’intérêt bas, il y a un potentiel pour une croissance plus élevée », ont-ils ajouté.
Et les pauvres dans tout ça ? Ils ont peur d’être oubliés, et de voir les aides se concentrer sur l’Irak. Le ministre ougandais des Finances, Gerald Ssendaula, s’est ainsi alarmé: « Nous aussi, nous avons toujours besoin de soutien ».
Si une guerre se termine, une autre continue, a reconnu le président de la Banque mondiale, James Wolfensohn: « l’objet de ces réunions est de retenir l’attention sur l’autre guerre qui se déroule, qui est la guerre contre la pauvreté ».
[source – yahoo.com]
