Le gouvernement devait présenter vendredi soir aux partenaires sociaux ses « premières orientations » sur la réforme des retraites, alors que les syndicats durcissent le ton et brandissent la menace de nouvelles mobilisations.

Le groupe confédéral, qui rassemble patronat, syndicats et services du ministère, s’est réuni une nouvelle fois vendredi à 18h00 pour entendre « les premières orientations du gouvernement en matière de réforme des retraites concernant les régimes du secteur privé ».

Même si les syndicats ne s’attendaient pas à des annonces précises, ils devaient se voir délivrés de premières hypothèses chiffrées de réforme.
Jusqu’à présent, il ne leur a été soumis qu’un texte général, sur les principes, les objectifs et les moyens de la réforme, qui devrait servir de préambule à la loi.
Si les organisations patronales ont émis un avis globalement positif, les syndicats, à l’exception de la CFDT, ont demandé des clarifications, jugeant le document ambigu. La CGT, FO et la CFE-CGC ont refusé de le cautionner en l’état.
Mais à partir de ce vendredi, les pistes du gouvernement devraient se préciser et le calendrier se précipiter.
Le 18 et le 22 avril, les ministres des Affaires sociales, François Fillon, et de la Fonction Publique, Jean-Paul Delevoye, recevront les partenaires sociaux en réunions bilatérales. Deux jours plus tard, le 24 avril, M. Fillon sera l’invité de l’émission « 100 minutes pour convaincre » sur France 2.
Une première communication sera faite en conseil des ministres le 7 mai et l’avant projet de loi devrait être transmis dans les jours qui suivront aux caisses de retraite et au Conseil d’Etat. Le projet final sera présenté en conseil des ministres le 28 mai.
Entre temps, rencontres formelles et informelles avec les partenaires sociaux devraient se poursuivre.
Dans l’attente, les syndicats, dont l’unité semblait s’être fissurée au cours des dernières semaines, ont durci le ton, réclamant que le gouvernement sorte du bois, et brandissant la menace de nouvelles mobilisations.
La CGT, FO et la CFDT, notamment, ont fait des rencontres bilatérales avec les ministres une date-butoir pour obtenir des réponses claires à leurs exigences.
« Il faut absolument qu’on ait des réponses le 18 avril », a averti Jean-Marie Toulisse (CFDT).
« Si nos exigences ne sont pas prises en compte, il y aura un clash », et dans ce cas « nous n’attendrons pas la fin mai pour mobiliser les salariés du privé et du public », a-t-il ajouté.
Se félicitant du « succès » de la journée de mobilisation du 3 avril, qui a rassemblé entre 320.000 et 580.000 manifestants, la CGT a, de son côté, proposé l’organisation d’une grande manifestation nationale fin mai.
FO a menacé d’une « riposte d’ampleur » en matière de retraites qui pourrait « aller jusqu’à la grève interprofessionnelle » et appelé à des manifestations départementales le 1er mai « pour défendre les retraites du public et du privé ».
Lors d’une rencontre intersyndicale vendredi « la CGT, FO et la CFDT ont décidé d’inciter les unions locales à se rencontrer pour décider d’initiatives unitaires dans lesquelles la retraite aurait une large place » le 1er mai, a indiqué Jean-Christophe Le Duigou (CGT).
Et l’ensemble des syndicats se sont d’ores et déjà donné rendez-vous le 23 avril pour faire le point et discuter d’éventuelles actions unitaires.
[source – yahoo.com]
