Vaste offensive américaine dans le centre de Bagdad

Vaste offensive américaine dans le centre de Bagdad

Les forces américaines ont lancé mardi matin une offensive majeure pour s’assurer le contrôle du centre de Bagdad après avoir tenté d’éliminer Saddam Hussein par des bombardements ciblés sur un immeuble de la capitale où le raïs était supposé se trouver avec ses deux fils.

« C’est un symbole. C’est le coeur du gouvernement irakien » a déclaré la journaliste de Reuters à Bagdad, Samia Nakhoul, alors que les chars américains appuyés par des avions d’attaque au sol ont avancé de trois kilomètres dans le centre de Bagdad où se trouvent de nombreux ministères et autres bâtiments officiels.
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Les avions américains avaient lâché lundi en fin de soirée plusieurs bombes de 900 kilos sur un immeuble d’un quartier résidentiel de la capitale où Saddam Hussein et ses deux fils, Oudaï et Koussaï pouvaient se trouver avec d’autres responsables du régime, selon des informations des services de renseignement.

« Nous confirmons qu’une cible clé du régime a été frappée très fortement », a déclaré Brad Bartlett, porte-parole du Centcom au Qatar. « L’évaluation des dégâts provoqués est en cours », a-t-il ajouté. Il a précisé que l’attaque avait été menée par un bombardier américain B-1.

Aucune indication n’était disponible sur le sort du président irakien et de ses deux fils.

La télévision nationale irakienne a montré mardi de Saddam Hussein sur fond de chants patriotiques mais n’a pas diffusé son traditionnel journal d’information avant d’interrompre totalement ses émissions.

Les forces anglo-américaines avaient déjà effectué des bombardements ciblés sur Saddam Hussein et ses proches, au tout début de leur intervention en Irak, le 20 mars dernier.

Pour les Américains, parvenir à prouver la mort du président irakien permettrait d’écourter le conflit en mettant un terme plus rapide à la résistance irakienne.

LA TV IRAKIENNE N’EMET PLUS

Après avoir pris position dans le principal palais de Saddam Hussein dans le centre de Bagdad, lundi, les troupes américaines se sont heurtées à une vive résistance irakienne en cherchant à le quitter, dans la soirée.

Mardi matin, deux chars américains Abrams se sont positionnés à l’extrémité ouest du pont Djumhuriya sur le Tigre, dans le centre de la capitale, l’un d’eux au moins faisant feu depuis le pont.

Des véhicules blindés américains ont aussi tiré au canon et à la mitrailleuse depuis l’extrémité ouest du pont de Sinak, un autre pont sur le Tigre dans le centre de la ville, en direction des forces irakiennes qui se trouvaient sur la rive opposée et qui ont riposté par des tirs.


Un char américain, appuyé par des avions américains survolant le secteur, a ensuite traversé le pont en direction de la rive est où sont positionnées les forces irakiennes.

Alors qu’un gros nuage de fumée noir s’élève au-dessus du centre et que les combats font rage depuis plusieurs heures, le ministre de l’Information irakien, Mohammed Saïd al-Sahaf, porte-parole du gouvernement irakien depuis le début des hostilités, a une nouvelle fois promis la destruction des forces d’invasion américano-britanniques.

Les forces américaines ont indiqué de leur côté accroître leur présence dans le centre de Bagdad où elles disent ne pas avoir été confrontées à des efforts organisés visant à les déloger.

EXPLOSION A L’HOTEL PALESTINE

Les bombardements américains ont ciblé la zone du centre de Bagdad où sont concentrés les principaux ministères.

La télévision arabophone par satellite al Djazira a indiqué que son bureau dans la capitale irakienne avait été touché au cours d’un raid aérien américain et qu’un de ses journalistes avait été tué tandis qu’un autre était blessé.

Une violente explosion a retenti plus tard dans la journée à proximité de l’hôtel Palestine qui abrite de nombreux journalistes étrangers. Quatre journalistes de Reuters ont été blessés dans l’explosion ont rapporté d’autres correspondants de Reuters sur place. On ignore sans l’immédiat si l’explosion a fait d’autres blessés. D’après des témoins, il semblerait qu’un obus de char ou d’artillerie soit à l’origine de la déflagration.

Au sud-est de la capitale assiégée, les Marines ont attaqué la base militaire aérienne Al-Rachid, située à cinq kilomètres du centre. Des hélicoptères Apache et des avions américains ont par ailleurs fait feu sur une base de la Garde républicaine irakienne, fleuron des forces armées de Saddam Hussein, situé entre le centre de la ville et la base militaire aérienne d’Al Rachid.

Des avions américains A-10, dits « Phacochères » ont pilonné des positions anti-aériennes irakiennes proches de l’aéroport international de Bagdad. L’un des appareils a été abattu au cours de l’opération et son pilote a pu être secouru, a indiqué le commandement central américain.

Selon des témoins, deux maisons ont été totalement détruites et quatre autres bâtiments fortement endommagés au cours du raid aérien sur le quartier Mansour, destiné à tuer le dirigeant irakien. D’après eux, neufs Irakiens ont été tués et quatre autres blessés.

Selon un garde de sécurité des gens restaient sous les décombres et l’une des explosions a creusé un cratère de 10 mètres de profondeur et de 15 mètres de large au milieu de la route. Un bulldozer déblayait les gravaTs et les poutrelles d’acier tordues par le choc.

[source – yahoo.com]