Les combats se rapprochent de Bagdad, soulèvement réprimé à Bassorah

Les combats se rapprochent de Bagdad, soulèvement réprimé à Bassorah

L’armée américaine a porté les combats à 150 km au sud de Bagdad, assurant avoir tué mardi au moins 150 combattants irakiens près de Najaf, tandis que les Britanniques évoquaient un début de soulèvement populaire réprimé par le régime de Saddam Hussein à Bassorah.

Les autorités irakiennes, qui n’ont pas immédiatement réagi à l’annonce américaine des combats à Najaf, ont catégoriquement démenti toute insurrection à Bassorah, la grande ville à majorité chiite du sud du pays.

030.jpg
Alors qu’une impressionnante tempête de sable enrayait la progression américaine vers Bagdad, des forces du 7e régiment de cavalerie ont tué entre 150 et 300 Irakiens qui les avaient attaquées à l’est de Najaf, une ville sainte chiite sur l’Euphrate, selon un responsable du Pentagone s’exprimant sous couvert d’anonymat.

« Des rapports indiquent que nous en avons tué beaucoup », a déclaré ce responsable, ajoutant qu’il n’y avait pas de pertes du côté américain.

03.jpg
Ce bilan, qui n’a pas pu être confirmé de source indépendante, serait le plus lourd au détriment des forces irakiennes depuis le début de l’offensive américano-britannique jeudi dernier.

L’étau paraît en tout cas se resserrer autour de Bagdad, transformé en camp retranché défendu par la Garde républicaine, l’unité d’élite du régime, et qui a subi cinq vagues de bombardements depuis mardi.

030326042500.udl41qnw3b.jpg
Après le dernier raid mercredi à 05H00 locales (02H00 GMT), des colonnes de fumées s’élevaient du quartier où se trouvent le ministère irakien de l’Information et la télévision irakienne, qui avait déjà cessé d’émettre pendant près d’une heure après un bombardement précédent dans la nuit.

Selon les autorités irakiennes, les bombardements contre Bagdad et d’autres villes ont fait depuis lundi soir 16 morts et 95 blessés parmi les civils.

Il était par ailleurs très difficile d’obtenir des informations de source indépendante sur la situation à Bassorah, où, selon le ministère britannique de la Défense, « il a été confirmé sur place que des forces irakiennes ont tiré au mortier contre leur propre population ».

Les forces américaines et britanniques ont à leur tour ouvert le feu et détruit ces mortiers, selon ce communiqué.

Mais le ministre irakien de l’Information Mohammad Saïd al-Sahhaf a démenti ce qu’il a qualifié de « mensonges diffusés par l’administration américaine et le gouvernement britannique ».

Le commandant des forces britanniques dans le Golfe, le général Peter Wall, a évoqué de son côté une insurrection à un stade « embryonnaire » dans la deuxième ville d’Irak (1,2 million d’habitants), théâtre en 1991 de soulèvements populaires durement réprimés par le pouvoir irakien.


La coalition américano-britannique ne paraît plus exclure un assaut prochain contre Bassorah. « Nous devrons probablement aller dans Bassorah et affronter toute résistance », a déclaré un porte-parole militaire britannique, le capitaine Al Lockwood.

La progression jusqu’à présent très rapide vers Bagdad de centaines de chars américains a été bloquée mardi par une violente tempête de sable, le convoi s’immobilisant au nord-ouest de la ville de Nassiriyah (350 km au sud-est de Bagdad).

Les opérations aériennes de la 101e division aéroportée américaine ont été également interrompues. Deux hélicoptères de combat américains, un Apache et un Black Hawk, étaient portés disparus dans le sud de l’Irak, où la visibilité était réduite.

Mais après avoir été confrontées pendant quatre jours à des résistances acharnées dans le sud, les forces américano-britanniques ont revendiqué plusieurs percées.

Quelque 4.000 Marines ont ainsi traversé la ville de Nassiriyah, un verrou crucial dans la route vers Bagdad, en dépit d’un feu nourri des forces irakiennes.

A une quinzaine de kilomètres au nord de Nassiriyah, des dizaines de cadavres d’Irakiens jonchaient la route, au milieu de carcasses de véhicules détruits.

Britanniques et Américains ont également pris le contrôle du port stratégique d’Oum Qasr, seul débouché irakien sur la mer, selon une source militaire britannique de haut rang.

Dans un nouvel incident de « tirs amis », deux militaires britanniques à bord d’un char Challenger 2 ont été tués lundi soir sous le feu d’un autre char du même type près de Bassorah, selon le ministère britannique de la Défense.

Les Britanniques ont perdu au total 18 hommes dans des accidents et des « tirs amis » depuis le début de la guerre, et deux autres soldats au combat.

Vingt soldats américains ont été tués depuis le début des opérations, sept sont présumés avoir été faits prisonniers, et plusieurs autres sont portés disparus.

D’autre part, des chasseurs bombardiers américains ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi une cible au nord de l’Irak présentée comme « un camp terroriste d’Al-Qaïda » par un officier américain, le capitaine de corvette Mark Brazelton.

Les forces américaines ont bombardé à plusieurs reprises depuis le début de la guerre des positions d’Ansar al-Islam, un groupe islamiste kurde accusé par Washington d’être lié au réseau terroriste d’Oussama Ben Laden.

Le président américain George W. Bush a demandé de son côté au Congrès un collectif budgétaire de 74,7 milliards de dollars (70,13 mds euros) pour financer le conflit et des mesures de protection contre les attentats aux Etats-Unis.

Le Conseil de sécurité de l’Onu tiendra mercredi à New York une réunion publique d’urgence sur la situation en Irak, à la demande de la Ligue arabe et du mouvement des Non alignés, le jour où George Bush reçoit son allié, le Premier ministre britannique Tony Blair, à Camp David (Maryland).

[source – yahoo.com]