L’armée américaine franchit l’Euphrate à Nassiriah

L’armée américaine franchit l’Euphrate à Nassiriah

Des éléments avancés de l’armée américaine ont atteint mardi l’Euphrate au niveau de Nassiriah, où font toujours rage des combats, et les hélicoptères testent la résistance opposée par la division Médina de la Garde républicaine, dans la région de Karbala, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad.

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De source militaire britannique, on explique que les forces américaines entendent commencer à prendre des positions initiales autour de Bagdad mardi avant de marquer une pause.

La tempête de sable qui sévit dans la région, de toute façon, est de nature à ralentir la progression terrestre, ainsi que l’activité des hélicoptères de combat.

Selon Tony Blair néanmoins, la progression en direction de Bagdad se déroule exactement comme prévu, mais, tempère à Washington le chef d’état-major interarmes américain, le général d’aviation Richard Myers, « les plus violents combats sont devant nous ».

Le bombardement aérien de Bagdad, et notamment de sa périphérie, s’est poursuivi mardi en plein jour, en dépit de la mauvaise visibilité. Plusieurs raids ont été menés, et aux alentours de 12h00 GMT (13h00 heure française), trois explosions de forte puissance ont ébranlé le centre, a rapporté un journaliste de Reuters.

Dans l’extrême sud du pays, le port en eau profonde d’Oum Kasr est désormais « sûr » et « ouvert », affirme un général britannique, et un premier navire d’aide humanitaire pourrait y faire son entrée dans les 48 heures. Plus à l’est, mais toujours dans le Sud, une certaine confusion règne concernant Bassorah, la deuxième ville d’Irak, qui compte plus d’un million d’habitants.

Si l’armée britannique a fait de cette ville stratégique un « objectif potentiel », elle n’entend pas tenter d’en prendre le contrôle pour affronter les unités de « fedayin » irakiens (combattants irréguliers). « Nous n’allons pas dans Bassorah, la ville est simplement considérée comme un objectif », a dit un porte-parole du commandement central britannique au Qatar. « La raison pour laquelle c’est un objectif potentiel, c’est que la ville a une importante politique et militaire énorme dans la région ».

RESISTANCE DE NASSIRIA

Les forces britanniques ont contenu dans la nuit puis mardi matin une sortie tentée par une cinquantaine de blindés irakiens en direction du Sud. Une unité de chars T-55 irakiens pose en outre des problèmes aux Britanniques à Aboul Khassib, au sud-est de Bassorah, car ils se dissimulent dans les rues.

Plus au nord, les Irakiens contrôlent toujours Nassiriah, ville de 250.000 habitants à 375 km au sud de Bagdad, et y opposent une résistance acharnée. Des blindés américains ont foncé à travers la ville et, de l’autre côté, ont pris le contrôle d’un pont sur l’Euphrate et traversé le canal Saddam, mais la ville reste entre les mains des Irakiens. Une trentaine d’Irakiens qui faisaient route en bus vers cette ville pour renforcer l’armée ont été tués mardi dans un bombardement, a rapporté un journaliste de Reuters.

Dans le même temps, tout en visant le contrôle de ponts sur l’Euphrate, l’armée américaine s’emploie à progresser vers Kout, sur le Tigre, dans l’optique d’un encerclement de Bagdad.

Si la stratégie de « siège » de Bagdad se met en place, on ne s’aventurait pas, de source militaire britannique, à dire combien de temps prendrait la prise de la capitale. « Ce peut être une semaine, deux semaines, un mois. L’important, c’est qu’il y ait le moins de pertes de part et d’autre ».

Les derniers bilans fournis par Bagdad font état de 16 Irakiens tués et de 95 autres blessés au cours des dernières 24 heures. L’Irak dit en outre avoir tué au moins huit soldats de la coalition, à Souk al Chouïoukh, détruit trois véhicules blindés de transport de troupes et avoir abattu trois hélicoptères américains lors de récents combats. Souk al Chouïoukh est sur l’Euphrate, au sud-est de Nassiriah.

[source – yahoo.com]