La pneumonie atypique apparue en Asie du sud-est a fait de nouvelles victimes en Asie, dont un médecin français décédé à Hanoi, et plusieurs cas avérés ont été décelés en Europe, tandis que des pistes scientifiques sur son origine semblent s’esquisser.
Neuf personnes sont mortes après avoir été atteintes par le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) –cinq à Hong Kong, deux au Vietnam et deux au Canada– auxquelles pourraient s’ajouter sept cas mortels survenus en Chine mais qui n’ont pas encore été formellement attribués à la maladie.
Selon un bilan officiel communiqué mercredi à Hong Kong, le nombre total de personnes soignées pour la maladie sur le territoire est de 145.
Les cas mortels, a expliqué le secrétaire à la Santé Yeoh Eng-Kiong, sont un homme âgé décédé mardi ainsi qu’un enseignant chinois venu à Hong Kong auxquels il faut ajouter l’homme d’affaire américain et enfin deux malades qui étaient déjà atteints d’affections cardiaques et hépatiques. Pour ces derniers, des analyses sont en cours afin de déterminer si le SRAS est véritablement la cause principale de la mort.
A Hanoi, un médecin français, qui avait soigné sans protection le premier cas de SRAS diagnostiqué au Vietnam, est mort mercredi.
Pendant plusieurs jours, Jean-Paul Derosier, 65 ans, anesthésiste, avait été soigné à l’hôpital français de Hanoi. Ce praticien avait été en contact direct avec un homme d’affaires américain de 48 ans tombé malade au cours d’un voyage en Chine et au Vietnam et décédé le 13 mars à Hong Kong.
Une infirmière vietnamienne ayant également participé aux soins est morte le week-end dernier.
Dans le même temps, des chercheurs de Hong Kong ont annoncé une percée dans l’identification de la cause du SRAS qui pourrait être dû à un virus de la famille des paramyxoviridae.
« Il s’agit d’une découverte importante qui montre que le traitement antiviral constitue le bon choix », a déclaré le doyen de la faculté de médecine de la Chinese University, Sydney Chung Sheung-chee.
Les médecins soulignent cependant que la famille des paramyxoviridae comprend différents virus qui peuvent toucher l’homme et d’autres recherches sont nécessaires afin de déterminer si le virus responsable de la flambée actuelle est un nouveau virus et s’il est curable.
Cette hypothèse des chercheurs de Hong Kong est considérée comme « plausible » par un scientifique australien et en Allemagne, où trois cas au moins ont été détectés, des experts indiquent que le SRAS pourrait être provoqué par un virus voisin de celui de la grippe, de type paramyxovirus.
Les scientifiques singapouriens ont également confirmé mercredi cette hypothèse. Selon les premiers résultats des analyses menées à Singapour, où ont été recensés 31 cas du SRAS , »l’agent infectieux probable » appartiendrait à la famille des paramyxovirus, a indiqué mercredi le ministère de la Santé (MOH).
En Autralie, le Dr Dominic Dwyer, médecin au centre de microbiologie et des maladies infectieuses de l’hôpital Westmead à Sydney a indiqué que le virus soupçonné serait de la même famille qu’un autre virus apparu voici 7 ans en Australie ayant fait à l’époque un mort au moins.
Selon ce médecin, le paramyxovirus qui peut se transmettre de l’animal à l’homme est lié au morbillivirus équin, responsable de la mort d’un entraîneur de chevaux.
Les paramyxovirus sont des virus enveloppés de forme plus ou moins sphérique. La taille moyenne des particules est d’environ le double de la taille des virus grippaux.
Les scientifiques suspectent la flambée de maladie survenue en Chine dans la province de Guangdong d’être liée à l’épidémie actuelle. Selon les autorités chinoises, il y avait eu 5 morts et 305 cas enregistrés au total. Mercredi on a appris à Pékin la mort récente d’un couple qui pourraient avoir été victime de la pneumonie atypique. Cependant ces cas doivent encore être vérifiés.
Dans son dernier bilan, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique qu’au moins 219 cas ont été signalés la semaine dernière dans une dizaine de pays ou territoires dont une majorité à Hong Kong.
Mercredi, trois cas suspects ont été recensés au Japon et deux en France. En Roumanie, un cas confirmé de SRAS a été signalé. Comme tous les malades jusqu’ici touchés en Europe, il s’agit d’une personne ayant récemment effectué un séjour en Asie.
L’OMS a d’ailleurs estimé mercredi que le SRAS est en bonne voie d’être circonscrit à travers le monde en dehors du Vietnam, de Hong Kong et de la Chine.
[source – yahoo.com]
