Quelques heures avant l’expiration de l’ultimatum américain, le parlement irakien s’est réuni mercredi en séance extraordinaire tandis que Bagdad se préparait aux bombardements. Les députés ont juré de se sacrifier pour le président Saddam Hussein.
« Nous sacrifierons notre sang et notre âme pour Saddam », ont scandé plusieurs députés en levant le poing sous les applaudissements alors que débutait la réunion de l’assemblée.
Imitant la haute hiérarchie et la famille du président irakien, les parlementaires ont rejeté l’ultimatum par lequel Washington a donné à Saddam jusqu’à jeudi 01h15 GMT (02h15 heure française) pour quitter son pays avec ses fils sous peine d’être renversé par les armes.
« Il est impensable que Saddam s’en aille », a déclaré aux journalistes le président de la chambre, Saadoun Hammadi, après la séance qui s’est conclue par l’envoi d’une lettre où les députés réaffirment leur allégeance à Saddam Hussein et s’engagent à défendre l’Irak.
Alors que se déroulait la réunion, on indiquait de source diplomatique saoudienne à Reuters que Ryad s’efforçait de persuader Saddam de quitter son pays. Au même moment, le ministre irakien de l’Information avertissait que tout envahisseur était voué à une « mort certaine ».
Hammadi a déclaré aux députés – tous fidèles partisans de Saddam – qu’ils feraient bloc derrière leur chef, et il a rejeté les menaces d’invasion américaines.
« Le peuple d’Irak, qui nous a conféré des responsabilités en nous élisant, n’est plus aujourd’hui qu’une seule file, une seule voix, un seul fusil, dressé contre l’agression criminelle des Etats-Unis et de leurs alliés », affirme le parlement dans sa lettre à Saddam.
« Nous vous promettons de suivre la voie de l’héroïsme et du martyre, nous serons tous des martyrs en défense de l’Irak. »
« PHARAON DU TEMPS PRESENT »
Lors d’une autre conférence de presse, le ministre de l’Information Mohammed Saïd al Sahaf a accusé les commandants militaires américains et britanniques de tromper leurs soldats en leur prédisant une victoire facile sur l’Irak.
« Ils se livrent à un mensonge idiot auprès de leurs soldats. Ce qui les attend, c’est une mort certaine », a-t-il dit.
Au parlement, Hammadi a souligné que l’Irak n’était pas un pays à accepter ce que lui dicterait le gouvernement américain.
« Nous rejetons cela en le dénonçant, nous sommes tous derrière notre dirigeant et nous tenons prêts à défendre notre patrie. Le sort des envahisseurs est toujours le même – échec et malédiction historique », a-t-il dit.
De nombreux députés, les uns en tenue traditionnelle, les autres en costumes à l’occidentale, ont pris la parole à tour de rôle pour rejeter l’ultimatum et jurer fidélité à Saddam.
Certains ont déclaré qu’une invasion entraînerait des représailles « inattendues ». Un député a exhorté les musulmans à s’en prendre aux intérêts américains dans le monde entier, d’autres demandant le départ de Bush en exil en le qualifiant de « pharaon de notre temps ».
« Le monde entier a le droit de dire à petit Bush: démissionne, criminel enragé. Démissionne, pharaon de notre temps, Néron (…) avant de brûler l’Amérique et de propager encore la discorde à travers le monde ! », a lancé d’une voix stridente le député Khaled Abdel Aziz Salim.
Quelque 280.000 soldats américains et britanniques sont massés dans le Golfe en prévision d’une invasion de l’Irak.
La télévision irakienne a annoncé mardi que Saddam avait rejeté l’ultimatum de Bush et s’était engagé à résister, en ajoutant que son fils aîné, Oudaï, avait adopté la même attitude.
[source – yahoo.com]
