Laurent Petitgirard, le président du conseil d’administration de la Sacem (Société des auteurs compositeurs et éditeurs de musiques), sort l’artillerie lourde pour faire pression sur les députés avant l’examen du projet de loi Création et Internet, prévu en janvier ou février 2009.
Dans une interview au site LCI.fr, il formule des menaces à peine voilées, en cas de non-adoption de la riposte graduée ou de modifications importantes du texte, contre les internautes coupables de téléchargements illicites. Et s’il le faut par dizaines de milliers!
Il souhaite par ce biais éviter une bataille législative et le dépôt d’amendements, dénaturant à son sens les buts premiers de ce texte qui doit instituer la future Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi), comme ce fut le cas il y a 10 jours au Sénat, avant un vote, à l’inverse, plutôt consensuel et allant dans le sens des promoteurs de la riposte graduée.
Laurent Petitgirard considère que « s’agissant du peu de volet répressif, vous n’avez déjà que 5 000 chances sur 15 millions d’être pris une première fois et de recevoir un avertissement par mail. Puis la même probabilité d’en recevoir un deuxième et enfin un troisième. Vous n’avez donc que peu de chances d’être « violemment puni » par une suspension de ligne. » Au final, « il y aura très peu de suspensions de lignes. » Et il ajoute que la loi « est un peu contraignante, mais il faut que les internautes comprennent que pour garder une diversité de choix, il faut payer la musique. »
Fanch
