L’élection de Barack Obama relance le débat sur la diversité en France et dans la politique française.
Le Conseil représentatif des associations noires de France veut se rendre dès mercredi à l’Élysée pour demander à Nicolas Sarkozy « d’apporter une réponse politique à l’espoir suscité par Obama ».
Le CRAN, association minoritaire dont la représentativité est contestée, réclame l’évaluation des discriminations en France sur la base de « statistiques de la diversité » et une « véritable politique d’action positive ».
Dans un des pays les plus multi-ethniques d’Europe en raison de son passé colonial, les élus et les directions des partis sont presque uniformément blancs.
Rama Yade, secrétaire d’État aux Droits de l’homme et seule Noire du gouvernement, se vit d’ailleurs comme « une exception un peu douloureuse ».
« Le souffle provoqué par l’élection de Barack Obama doit sonner le moment pour nous aussi de la mobilisation », a-t-elle souhaité sur France Info. » Pour moi, c’est un honneur, mais quand on voit les Etats-Unis avec ces 641 maires noirs, ces quatre gouverneurs noirs, deux secrétaires d’État aux Affaires étrangères qu’ont été Colin Powell et Condoleezza Rice, et 42 Noirs à la Chambre des représentants, on se dit qu’il y a encore du travail à faire. »
Razzye Hammadi, un des secrétaires nationaux du PS, déplore cette situation que le PS gère mal à ses yeux.
Issue des banlieues et du milieu associatif, la secrétaire d’État à la Politique de la ville Fadela Amara met également en cause les appareils des partis politiques.
» Il faut que les partis aillent chercher des candidats issus de l’immigration, de toutes les origines, et qu’ils les offrent aux électeurs. Les gens sont prêts, c’est le système politique qui est en retard », a-t-elle dit dimanche dernier, au journal du Dimanche.
Relancé après les violences de banlieues en 2005, le débat sur la » discrimination positive » est au point mort en France, où le principe d’égalité entre les citoyens y fait obstacle.
Nicolas Sarkozy est un adepte de longue date d’une » affirmative action » à la française sur le modèle de la politique lancée aux Etats-Unis dans les années 1960 qui consiste à réserver aux minorités un accès prioritaire aux universités et aux emplois publics.
Si Rachida Dati a imposé des quotas de femmes chez les procureurs généraux, elle n’a ainsi jamais évoqué les quotas de Noirs ou de Maghrébins ou même des mesures en leur faveur, notamment pour l’école nationale de la magistrature.
Pour l’universitaire Gwenaëlle Calvès, spécialiste du sujet, la discrimination positive à l’américaine n’est pas transposable en France où les citoyens noirs ou maghrébins sont issus d’une immigration plus récente qu’aux Etats-Unis.
Fanch
