Vendre des albums sans DRM sur des cartes MicroSD

C’est la proposition faite par SanDisk, fabricant de cartes mémoire, aux grandes maisons de disques.

L’idée a trouvé un écho auprès de Sony BMG, EMI, Warner et Universal Music, qui semblent décidées à explorer de nouvelles pistes pour redresser un marché du disque en difficulté, que la vente de musique en ligne ne parvient pas à relancer.

SanDisk les a convaincues de participer au développement de la slotMusic, une carte MicroSD conçue pour stocker de la musique au format MP3, sans verrou numérique (DRM).

L’utilisateur disposera cependant d’un espace supplémentaire pour stocker ses propres contenus, assure SanDisk.

Grâce à son format, déjà couramment utilisé dans la téléphonie mobile, la slotMusic pourra être lue directement par de nombreux appareils (smartphones, baladeurs multimédias…) SanDisk prévoit toutefois de la livrer avec un adaptateur USB, pour la connecter à un ordinateur.

Son contenu sans DRM facilitera d’autant plus sa compatibilité.

La carte devrait être commercialisée dès la fin de l’année aux États-Unis, via Internet, mais aussi dans la grande distribution, chez BestBuy (qui vient de racheter Napster) et chez le géant Wal-Mart.

Aucun prix n’a été officiellement communiqué, mais SanDisk promet de donner plus de détails dans les prochains jours.

La branche européenne de SanDisk n’a d’ailleurs même pas souhaité commenter l’annonce de slotMusic, qui « n’arrivera pas en France avant l’année prochaine ».

Ce n’est pas la première fois que fabricants et majors essaient d’utiliser des supports physiques high-tech pour distribuer de la musique.

En 2005, déjà, SanDisk a tenté l’expérience avec une carte MicroSD baptisée Gruvi, qui a notamment été utilisée pour l’album A Bigger Band, des Rolling Stones.

Samsung avait aussi proposé en 2007 des téléphones contenant des albums de Cerrone ou de Beyonce.

Sony BMG a également lancé quelques opérations ponctuelles, comme l’album de Julien Doré sur un mobile Walkman de Sony Ericsson.

Il s’était auparavant essayé à la musique dans une clé USB.

Coincés entre les rayons de CD et de DVD, les présentoirs de « clés musicales » n’avaient pas su trouver leur public à l’époque.

Aujourd’hui, en plein boum de la musique sur mobile, le timing est peut-être le bon.

Après la suppression des DRM et la signature d’accords autrefois impensables sur le téléchargement illimité, les majors semblent prêtes à toutes les expériences.

Fanch