Le gouvernement réunit pour faire face à la menace d’une récession

Six ministres et secrétaires d’Etat sont conviés à Matignon pour « analyser les causes » de la dégradation de la conjoncture internationale, et « identifier les réponses qui devront y être apportées ».

Après une croissance de 0,4% au premier trimestre, l’économie française a subi un sérieux coup de frein entre avril et juin, sous l’effet du pétrole cher, de l’euro fort et d’un ralentissement général de l’activité en Europe et aux Etats-Unis.

Le PIB de la zone euro dans son ensemble a également reculé au deuxième trimestre (-0,2%).

Techniquement, une récession consiste en deux trimestres consécutifs de recul du PIB.

Et Christine Lagarde a déjà prévenu que le troisième trimestre ne serait « pas bon ».

La plupart des économistes se montrent pessimistes.

« On n’a jamais été aussi proche d’une récession », estime Eric Heyer, économiste à l’OFCE.

« Sur l’année, la croissance pourrait avoir beaucoup de mal à dépasser 1 % », estime pour sa part Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas.

Le gouvernement estime que les lois votées avant l’été, notamment la loi de modernisation de l’économie, devraient re-dynamiser l’économie française.

Pour le moment, ne sont attendues en septembre que l’annonce des modalités d’application de certaines mesures comme la prime à la cuve ou l’aide au transport.

Mais les marges de manœuvre budgétaire du gouvernement ont été « épuisées par le paquet fiscal », estime l’économiste d’Astérès, Nicolas Bouzou, dans le Journal du Dimanche.

Dans les mêmes colonnes, le président (PS) de la commission des finances à l’Assemblée, Didier Migaud, estime lui aussi qu’en « juillet 2007, le gouvernement a fait de mauvais choix en décidant de mesures contenues dans le paquet fiscal très couteuses et peu efficaces ».

« En tout état de cause, les hypothèses retenues pour le budget 2009 sont à revoir », juge le député socialiste.

Le gouvernement n’est pas en mesure de lancer un coûteux plan de relance comme aux Etats-Unis ou en Espagne, sauf à violer son engagement d’un retour à l’équilibre budgétaire en 2012.

Fanch