3,1 millions de Français sont illettrés, dont plus de la moitié de salariés

3,1 millions de Français sont illettrés, dont plus de la moitié de salariés

Peugeot, Danone, mais aussi le Conseil régional de Picardie, le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), les organismes de travail temporaire (FAF TT), etc. : longtemps ignorée – sinon franchement taboue -, la lutte contre l’illettrisme est en passe de devenir un sujet crucial pour les entreprises et les collectivités locales.

Petit à petit, les «formations de base» ont pris place aux côtés des cursus techniques ou des cours d’anglais dans les plans de formation.

«Il y a eu un changement d’attitude quand les entreprises ont réalisé que 1,8 million d’illettrés étaient des salariés», se félicite Marie-Thérèse Geffroy, à la tête de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (Anlci).
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La publication des statistiques avait suscité un électrochoc en 2005.

Quelque 3,1 millions de Français sont considérés comme illettrés : contrairement aux analphabètes, ils ont suivi un cursus scolaire, mais ils ont depuis oublié leurs «fondamentaux» (lire, comprendre ce que l’on lit).

A ces difficultés s’ajoutent celles, différentes, éprouvées par 1,4 million d’immigrés qui ne comprennent pas le français.

Contrairement aux idées reçues, l’illettrisme, s’il progresse avec l’âge, n’est pas concentré dans les quartiers sensibles.

Vingt-huit pour-cent des personnes concernées vivent en zone rurale.

Toute la difficulté est donc de parvenir à les détecter pour les convaincre de se former.

D’où l’importance des structures de proximité.

Les conseils régionaux ont commencé à intensifier leurs efforts il y a deux ou trois ans : «Il y a eu un vrai essor», reconnaît l’Association des régions de France.

En Picardie, le système de formation en ligne, à la fréquentation décevante, va être réformé.

Dans le Nord, qui détient le triste record du taux d’illettrés (15 %), les associations, très impliquées, sont soutenues.

Seules deux ou trois régions sont à la traîne.

Les petites entreprises, encadrées par l’Agefos-PME, ont déjà formé 500 salariés.

Pour les DRH, la prise de conscience a parfois été brutale.

Le CNFPT par exemple, pensait n’avoir pas ce problème, or 14 % des agents d’exécution ont de graves difficultés.

Il faut parfois un gros changement en interne, comme la fabrication d’un nouveau produit chez Peugeot ou Danone, pour que les plans de formation de base fonctionnent…

Fanch