La polémique du moment c’est le logiciel de police recensant des données sur le mode de vie et le profil des personnes.
Le logiciel Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d’informations statistiques sur les enquêtes), doit remplacer l’actuel logiciel de rédaction de procédure (LRP) et le Stic (Système de traitement des infractions constatées).
Après avoir été dénoncé par le Collectif contre l’homophobie, il fait l’objet d’une demande officielle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui a adressé un courrier à la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie.
La Cnil a en effet été saisie par trois associations, le Collectif contre l’homophobie, les Oubliés de la mémoire et l’association des policiers gays et lesbiens, Flag, ainsi que par le président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité.
Ce sont justement des policiers en formation qui se sont alarmés de ce qu’ils ont découvert et ont averti syndicats et associations.
Ardoise comprend une rubrique intitulée «Etat de la personne» qui permet d’entrer dans le fichier si une personne venue déposer est handicapée, homosexuelle, permanent syndical, si elle fréquente des prostituées, si elle fait usage de drogue, etc.
Et cette rubrique vaut quel que soit le statut de la personne : victime, témoin ou mis en cause.
Quel intérêt, pour quelqu’un qui vient déclarer un vol de véhicule, de savoir s’il est permanent syndical ou homosexuel?
En outre, signale le Collectif, ce fichier est mutualisé.
Tous les policiers, partout en France, peuvent avoir accès aux données saisies avec Ardoise.
Dans un communiqué, Alliance juge qu’Ardoise est une «avancée dans la gestion quotidienne des procédures par un traitement plus efficace et plus rapide des infractions, mais demande que toutes les mesures soient prises afin de garantir le respect à la vie privée des personnes mises en cause ou victimes».
Même position chez Unsa-Police, où l’on estime que «certains renseignements demandés dans la rubrique « Etat des personnes » ne sont pas indispensables».
En revanche, Synergie-Officiers estime la polémique «stérile».
Fanch
