Les négociations ne sont pas terminées, à des degrés divers, à la SNCF, à la RATP et chez EDF et GDF sur les régimes spéciaux de retraite, en dépit de la publication des décrets actant les principes clefs de la réforme.
La prise en compte de la pénibilité pour les agents embauchés à compter de 2009 doit en particulier encore être établie avec les syndicats.
Il n’empêche, les effets financiers de la réforme, jusque-là jamais évoqués, commencent à être mesurés.
La SNCF a déjà fait savoir que les compensations accordées aux cheminots (salaires, échelon supplémentaire, etc.) coûteraient à l’entreprise quelque 100 millions d’euros d’ici à 2012.
La facture atteindra 20 millions par an à la RATP à cette échéance.
C’est logique : pendant longtemps, ces deux entreprises ont réalisé des économies en accordant des avantages à leurs agents en termes de retraite plutôt qu’en salaire.
Sachant que leur régime est équilibré, in fine, par une subvention de l’État.
«La réforme contribue à créer un nouvel équilibre social avec les salariés, en déplaçant des dépenses du régime de retraite vers le compte de résultat de l’entreprise», souligne-t-on au ministère du Travail.
Si les compensations accordées aux cheminots ont un coût, elles vont augmenter les cotisations retraite (le taux de cotisation salarié et employeur atteignant, au total, près de 40 % à la SNCF), soit environ 40 millions d’euros supplémentaires en 2012.
Auxquels s’ajouteront les premiers effets de la réforme.
L’exécutif assure ainsi que des économies seront réalisées sur le régime de retraite de la SNCF dès la fin de la législature, même si elles seront inférieures à 100 millions d’euros.
En 2020, les gains atteindraient de 150 à 500 millions d’euros, selon le gouvernement, en fonction de l’évolution de l’âge de départ des cheminots.
Plus ils retarderont leur cessation d’activité (qui ne pourra plus être imposée par l’employeur), plus l’économie sera importante, même si la pension des agents sera plus élevée.
Les 500 millions d’euros correspondent à une hypothèse de prolongation de 5 ans de la durée d’activité.
Les quelques centaines de millions d’euros de gains attendus à l’horizon 2020 ne sont cependant pas négligeables.
La subvention d’équilibre de l’Etat pour les retraites des cheminots est proche de 3 milliards d’euros (60 % des dépenses).
Fanch
