Depuis le mois de juillet dernier, les médecins peuvent accéder à l’historique des remboursements médicaux de leurs patients sur une période d’un an.
Il leur suffit de se connecter au site Web Médecin mis en place par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).
Le dispositif a été approuvé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés le 10 juillet dernier, après avoir été expérimenté en 2006 auprès de 1 000 praticiens dans les départements des Yvelines, de la Seine-Saint-Denis, du Val d’Oise et des Alpes-Maritimes.
Pour consulter Web Médecin, les praticiens doivent disposer de leur carte professionnelle CPS et, bien entendu, de la carte Vitale de leurs patients.
Seules les informations relatives aux remboursements y figurent.
En revanche, le système ne révèle ni les résultats des examens, ni les comptes rendus de consultations.
Ces données sont réservées au Dossier médical personnel, en cours de développement.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins réserve un accueil mitigé à ce nouvel outil.
Non seulement les professionnels ont l’impression qu’on leur demande de surveiller les dépenses de santé de leurs patients, mais ils regrettent aussi un manque de confidentialité dans la mesure où ils ont accès à toutes les informations.
«Il est problable qu’un patient en consultation chez un dermatologue n’ait pas forcément envie que ce dernier soit informé qu’il prend une trithérapie ou un traitement psychotrope», souligne le docteur André Deseur, vice-président de la branche exercice professionnel du Conseil national de l’Ordre des médecins.
Pour l’assurance maladie, il ne s’agit pas de ficher le patient pour repérer les gros consommateurs de soins.
On peut aussi s’interroger sur le temps nécessaire à la connexion [au site Web Médecin, NDLR] et à celui passé en ligne à piocher parmi une liste chronologique de remboursements.
Et si l’outil n’est pas utilisé, pourra-t-on nous en tenir rigueur?
A défaut d’avoir su convaincre les professionnels, la Cnam tente de rassurer les patients.
Tout comme la communication entre le portail permettant d’accéder au Web Medecin et les serveurs des organismes complémentaires.
Selon l’assurance maladie, 3 000 médecins se sont inscrits pour avoir accès à ce dispositif.
Elle espère dès le mois de novembre en compter 20 000.
Fanch
