Dispositif anti-copie : la nouvelle génération arrive

Macrovision et Sony perfectionnent leur système de protection contre la copie des CD-Audio. Objectif : permettre la lecture et l’enregistrement des morceaux de musique sur ordinateur en limitant les risques de diffusion illégale.

Après l’informatique, l’industrie du disque est à son tour victime de la course aux dispositifs anti-piratage. Les premiers procédés ont à peine fait leur apparition sur le marché que les spécialistes nous promettent déjà une nouvelle génération, plus sûre et plus « respectueuse » des consommateurs.

Tous étaient présents au Midem, le salon qui réunit l’industrie musicale à Cannes du 19 au 23 janvier. Microsoft et MPO y ont dévoilé leur propre technologie. Les acteurs historiques du secteur, Macrovision et la filiale DADC de Sony ont également profité de l’évènement pour annoncer des versions plus perfectionnées de leurs dispositifs.

Cette nouvelle génération consacre les techniques de DRM (Digital Right Management), permettant de contrôler la lecture et la copie des morceaux de musique depuis un ordinateur.

La duplication de CD toujours interdite

L’américain Macrovision a dévoilé son premier procédé issu de la fusion de ses technologies de protection et de celles de la société israélienne Midbar, acquise il y a quelques mois.

« Notre procédé permettait déjà la lecture des CD sur ordinateur [CDS-200 de Midbar, largement utilisé par BMG, EMI-Virgin et Universal Music, NDLR]. Avec CDS-300, on peut désormais copier les morceaux de musique sur le disque dur de son ordinateur et les écouter sans insérer le CD original dans son lecteur », commente le porte-parole de Macrovision, Simon Mehlman.

En revanche, la duplication du CD original reste impossible. « Nous y travaillons. Cela sera prêt au quatrième trimestre 2003 », ajoute Simon Mehlman.

L’enregistrement des titres sur le disque dur ne nécessite pas de connexion à Internet. Pour éviter la diffusion de la musique, un système de cryptage avec clé interdit la lecture des morceaux de musique sur un autre ordinateur.

Les utilisateurs n’auront pas le choix du lecteur : il leur faudra impérativement passer par le logiciel Windows Media Player de Microsoft pour écouter leurs morceaux enregistrés, sans dégradation de la qualité audio. La technologie sera introduite sur le marché « au début du second trimestre de cette année ».

La filiale DADC de Sony a également présenté une version améliorée de Key2Audio, le procédé utilisé pour protéger contre la copie le dernier disque de Céline Dion. La principale lacune du système a été corrigée : désormais, Key2AudioXS permet la lecture des CD sur ordinateur, sans dégradation de la qualité audio.

En revanche, il n’est toujours pas question d’autoriser l’enregistrement des morceaux de musique sur ordinateur.

Une technologie en commun : le CD multisession
Les dispositifs de protection de Microsoft/MPO, Macrovision et Sony s’appuient sur l’enregistrement de deux sessions sur les CD. La première est lisible uniquement sur les platines CD de salon. Un système de protection interdit sa lecture – donc sa duplication – depuis un ordinateur. La deuxième session comporte les mêmes morceaux de musique accessible depuis un ordinateur. Il s’agit de fichiers cryptés et compressés (formats WMA de Microsoft ou MP3, Real Audio,…). Le logiciel de DRM contrôle alors la lecture du CD depuis un PC et éventuellement l’enregistrement des morceaux de musique sur disque dur.
Cette technique multisession a déjà été largement exploitée par Midbar sur le procédé CDS-200. BMG, EMI-Virgin et Universal Music y ont recours pour protéger les disques de Michel Jonasz, Liane Foly, Björk, Avril Lavigne, Whitney Houston,…

[source – 01net.com]