La vaccination préventive des pré-adolescentes contre le cancer du col de l’utérus permettrait de sauver de nombreuses vies mais elle soulève des questions particulièrement sensibles aux Etats-Unis: sexualité des jeunes, autorité parentale, pouvoir de l’Etat, doutes sur les effets et suspicion à l’encontre des groupes pharmaceutiques.
Le cancer du col de l’utérus tue dix femmes par jour aux Etats-Unis et une femme de 14 à 59 ans sur quatre est infectée par le papillomavirus (HPV), sexuellement transmissible, selon un rapport récent des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies.
Aux Etats-Unis, 24 Etats, notamment le district de Columbia, veulent rendre la vaccination contre ce virus obligatoire chez les jeunes filles de 11 ans.
Une politique de santé publique que seul l’Etat de Virginie a jusque-là pu appliquer car ces propositions n’ont pu voir le jour ou ont été juste transmises aux parents par des documents écrits.
Ces derniers mois, un vaccin pourtant considéré comme une avancée majeure dans la prévention des décès dus au cancer du col de l’utérus, s’est trouvé au centre de questions cruciales pour la nation américaine.
Le vaccin Gardasil, approuvé par l’agence du médicament (FDA) en juin 2006, est recommandé à toutes les jeunes filles de 11 et 12 ans.
Son coût: 267,12 euros (360 dollars) les trois doses.
Mais en dépit de son efficacité, les milieux conservateurs religieux ont refusé de voir le gouvernement imposer un vaccin « contre quelque chose qui se transmet sexuellement », a déclaré Sadie Fields, directrice de la Georgia Christian Alliance (Alliance chrétienne de Géorgie).
« Nous pensons que les parents doivent pouvoir choisir ce qu’ils pensent être le mieux pour leurs enfants », a-t-elle ajouté.
D’autres n’y voient que le profit qu’en tire le groupe pharmaceutique Merck and Co., le seul pour l’heure à fabriquer le vaccin et qui, selon eux, s’est livrée à un puissant lobbying pour conquérir le marché américain.
Le vaccin Gardasil, commercialisé depuis la fin novembre 2006 en France, coûte 146 euros la dose et nécessite trois injections intramusculaires à intervalle de deux, puis six mois. Il est recommandé aux pré-adolescentes avant tout contact sexuel. L’ancien ministre de la Santé, Xavier Bertrand, avait promis son remboursement en juillet 2007.
Fanch
