« Beaucoup ont dit à Nicolas Sarkozy, ne viens pas, ça va faire des histoires, les cagoulés ne seront pas contents »

Nicolas Sarkozy a promis de lutter, s’il est élu président de la République, contre les « mafieux » politiques et économiques en Corse et contre la violence des groupes armés indépendantistes, qu’il a qualifiés de « lâches » et de « racistes ».

Le candidat de l’UMP était venu à Porto Vecchio, dans le sud de l île, pour participer à un « déjeuner républicain » en plein air, qui s’est finalement transformé en discours dans la cinémathèque de la ville en raison de pluies abondantes.

« La Corse est un symbole, la Corse c’est la France, la Corse c’est la République », a-t-il lancé devant environ 700 personnes, qui lui ont bruyamment manifesté leur soutien.

« Beaucoup m’ont dit, ne viens pas, ça va faire des histoires, les cagoulés ne seront pas contents », a-t-il ajouté plus tard en faisant allusion aux clandestins indépendantistes.

« Je ne tiens pas à ce que les cagoulés votent pour moi car je n’ai rien à voir avec eux, définitivement. »

La Corse continue d’être régulièrement le théâtre d’attentats, dont la caserne de gendarmerie de Montesoro, près de Bastia, a été la cible dans la nuit de dimanche à lundi.

Les premières victimes de la violence ce sont les Corses, pris en otages par une minorité », a dit le candidat.

« Quand des bandes armées rackettent, terrorisent, ont pignon sur rue en Corse, ce ne sont pas les Corses qui sont défaillants, c’est la République qui est défaillante. »

Nicolas Sarkozy, qui a notamment salué « l’importance de l’héritage chrétien » de l île, a accusé les poseurs de bombes de « trahir l’âme corse qui est une âme hospitalière ».

« Ceux qui posent des bombes la nuit, ceux qui sont des lâches parce qu’ils mettent des cagoules, n’aiment pas la Corse, ne défendent pas la Corse et ne sont pas fidèles à l’identité de la Corse », a-t-il déclaré.

Il a également dénoncé les attentats commis contre des villas sous prétexte que leur propriétaire « n’est pas corse depuis assez longtemps » : « Ceux qui font cela ont un comportement raciste qui est exactement le contraire de la tradition et de la culture corse. »

Il a évoqué l’assassinat du préfet Claude Erignac à Ajaccio le 6 février 1998 par un commando d’indépendantistes – « Ceux qui ont fait cela sont des lâches », a-t-il dit.

Je vous donnerai les moyens de ce développement mais je vous demanderai également de m’aider à mettre de côté cette minorité qui empêche le développement de la Corse. »

Il a viré largement en tête du premier tour de l’élection présidentielle en corse, le 22 avril dernier, avec 37% des suffrages – près de six points de plus qu’au niveau national – devant la candidate socialiste Ségolène Royal (21,81%).

Fanch