Les parlementaires de l’assemblée législative de la ville de Mexico ont adopté mardi 24 avril la légalisation de l’avortement jusqu’à la 12e semaine de grossesse, une loi qui devrait avoir des conséquences sur les politiques de santé et la pratique des soins dans le pays entier, mais également dans d’autres parties du très catholique continent sud-américain.
La loi, adoptée par 49 voix contre 19, qui entrera en vigueur après sa promulgation par le maire de la capitale mexicaine, classé à gauche, doit offrir aux femmes les plus pauvres une solution alternative aux avortements clandestins.
Les opposants à l’avortement ont d’ores et déjà annoncé leur intention de saisir la Cour suprême, ce qui devrait encore exacerbé le débat houleux sur la question dans ce pays très catholique.
« La légalisation de l’avortement est un triomphe historique, un triomphe de la gauche », a déclaré le parlementaire de Mexico Jorge Diaz Cuervo, un social-démocrate qui a voté en faveur du projet de loi.
« Aujourd’hui, il y a un nouvel air dans cette ville.
Le président mexicain Felipe Calderon s’est opposé à la proposition et le Vatican a envoyé un représentant faire campagne à Mexico.
Mardi, l’archevêché de Mexico a déclaré qu’il « évaluerait les conséquences morales des réformes avec des experts et en accord avec les évangélistes ».
On précisait que le cardinal Norberto Rivera ne ferait aucun commentaire public sur le vote avant dimanche prochain.
Environ 200.000 femmes subissent chaque année des avortements clandestins, une estimation calculée d’après le nombre de victimes de complications qui se présentent ensuite dans les hôpitaux, selon Martha Micher, qui dirige l’institut des femmes de la municipalité de Mexico.
Les avortements clandestins tuent chaque année 1.500 femmes et constituent la troisième cause de décès chez les femmes enceintes dans la capitale.
Fanch
