Pas de consigne de vote pour le second tour à l’UDF

Avec ses 6 750 006 électeurs, soit 18,55 % des suffrages exprimés, le candidat de « l’extrême centre », comme il se définit lui-même, a gagné plus de onze points par rapport à 2002, soit 4,8 millions de votants supplémentaires.

« Troisième homme » du premier tour, il peut prétendre se placer en arbitre du duel du second tour, entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Avec un rapport de forces nettement favorable à la droite, un report de ses voix serait plus que bienvenu pour la candidate de la gauche.

Hier, Ségolène Royal a révélé avoir téléphoné au leader centriste pour lui proposer « un dialogue public ».

C’est pourtant maintenant que les difficultés commencent pour l’UDF et ses députés, qui, même s’ils ont adopté la posture du petit village gaulois assiégé par les puissantes cohortes de l’UMP pendant cette législature, savent qu’ils ont été élus grâce aux voix de la droite en 2002.

Le candidat centriste, qui a annoncé qu’il s’exprimerait demain mercredi, n’a pas l’intention de se lier les mains.

Il n’appellera probablement à voter ni pour l’un ni pour l’autre des deux candidats.

Il serait plutôt du genre à enfourcher son cheval blanc — comme son héros Henri IV, dont il est l’auteur d’une biographie — et à tenter de créer un nouveau parti social-démocrate.

L’écologiste Corinne Lepage, qui l’a soutenu au premier tour, l’encourage, aujourd’hui dans La Croix, à ne surtout « pas renouer d’alliance avec la droite ».

Avec tous les risques que cela comporte.

Si Nicolas Sarkozy sort vainqueur du second tour, et que la droite se met en tête de faire battre ceux qui ont rallié le panache du Béarnais, elle n’aura pas de mal : il lui suffit de maintenir ses candidats partout au second tour.

François Bayrou a accompli tout son parcours politique au centre et à droite.

Balladurien en 1993, il rallie Jacques Chirac dès sa victoire en 1995 et reste ainsi ministre de l’éducation.

Fanch