La correction à la hausse vendredi des chiffres du chômage français sur plusieurs mois par l’office statistique européen Eurostat devrait encore l’alimenter.
Cette polémique, qui agite la campagne présidentielle en France, porte sur le nombre exact de personnes à la recherche d’un emploi.
Contredisant le gouvernement français, Eurostat évalue pour le mois de février le taux de chômage à 8,8%, alors que de son côté, l’Insee avait annoncé jeudi 8,4%.
Nous avons « révisé en hausse de 0,4 à 0,5 point les chiffres du chômage depuis mai 2006 » en utilisant les enquêtes sur l’emploi de l’Insee pour les troisième et quatrième trimestres 2006, a expliqué à l’AFP le responsable du service de presse d’Eurostat, Philippe Bautier.
Compte-tenu de ces révisions, le taux de chômage moyen sur l’ensemble de l’année 2006 en France a été relevé par l’office statistique européen à 9,4%, contre 9% selon l’estimation précédente, a précisé Amelia Torres, la porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia.
Le chiffre d’Eurostat vient contredire ces déclarations.
L’Insee a été très contestée également pour sa décision de différer à l’automne la publication de l’enquête emploi du troisième trimestre, qu’elle publie normalement en mars.
Cette décision de l’Insee, qu’elle justifiait en évoquant des problèmes de fiabilité, a provoqué une vive polémique depuis plusieurs semaines, l’opposition, les syndicats et des associations estimant qu’il s’agissait d’une décision politique, à quelques semaines de l’élection présidentielle.
Or, selon Eurostat, qui a établi sa correction des chiffres du chômage français à partir des enquêtes emploi que l’Insee lui a fournies, assorties certes de « réserves », « l’enquête (de l’Insee) est utilisable » et elle présente « plus de fiabilité » que les chiffres fournis par les « sources administratives » (services de l’emploi de l’ANPE).
Fanch
