L’ANPE en grève

La première grève unitaire depuis 1990 a été suivie à 51%, selon les syndicats, et à plus de 43% selon la direction.

Le Snu, premier syndicat de l’ANPE, annonçait ainsi dès la mi-journée « un succès exceptionnel » et « historique », et comptabilisait 269 agences fermées sur plus de 800.

Ce mouvement « arrive au 3e niveau des grèves les plus importantes de l’Agence depuis 17 ans », a-t-il indiqué dans un communiqué.

L’ensemble des syndicats du personnel de l’ANPE a lancé un appel à une grève nationale en ce jour de publication des chiffres du chômage pour demander le retrait d’un décret, paru mercredi au Journal officiel, dans lequel ils voient « une nouvelle étape du démantèlement de l’ANPE et de ses missions ».

« Je suis le premier ministre à avoir redonné des moyens au service public de l’emploi », a lancé jeudi devant la presse le ministre de l’Emploi Jean-Louis Borloo, récemment rallié au candidat de l’UMP à l’Elysée Nicolas Sarkozy.

Le décret contesté par les syndicats fixe à l’ANPE les règles pour créer des filiales commerciales en vue de facturer certains services aux entreprises et ouvre la voie à une décentralisation de certaines compétences au niveau des directions régionales.

Les syndicats redoutent que cela signifie un éclatement complet de l’Agence, avec le transfert à des filiales d’une partie des missions transformées en services payants pour les entreprises, et la fin de la gratuité et l’égalité de traitement au détriment des chômeurs.

Le directeur général de l’ANPE avait réaffirmé mardi qu « à ce stade, il n’y a aucun projet de création de filiales de droit privé ni de facturation de nos services aux entreprises ».

Fanch