La Commission européenne a proposé ce mardi de relever dans les années à venir les taxes minimales dans l’UE sur le gazole, afin de lutter contre le « tourisme à la pompe ».
Ce « tourisme » se caractérise par des comportements très particuliers des routiers qui n’hésitent pas à faire parfois de grands détours par rapport à leur trajet initial pour bénéficier des meilleurs prix à la pompe pratiqués dans certains pays.
La France, dont le taux d’accises n’est pas le plus bas mais pas le plus haut non plus, recueille ainsi un trafic routier nettement supérieur à celui qu’elle devrait connaître, se plaignent de nombreuses ONG et associations écologiques.
Depuis 2004, le taux minimum de taxes sur le gazole utilisé à des fins commerciales est de 302 euros pour 1.000 litres et il doit passer à 330 euros en 2010.
Les conséquences de ces différences font que les Portugais font le plein en Espagne et que le Luxembourg regorge de pompes à essence.
Ce qui rentabilise non seulement les « détours carburants » mais aussi l’ensemble des trajets.
Par ailleurs, alors que le diesel représente entre 20 et 30% des dépenses d’un transporteur, ces différences créent « des distorsions de concurrence » souligne la Commission, qui pointe également les « conséquences environnementales négatives » de ce tourisme à la pompe, alors même qu’elle ne cesse de dénoncer la hausse constante des émissions de CO2 du transport routier, qui représentent 25% des émissions de l’UE.
En Allemagne, les transporteurs font facilement le plein dans les pays frontaliers et les pertes en recettes fiscales sont estimées à 2 milliards d’euros par an.
La proposition de la Commission est cependant loin d’être adoptée, car elle nécessitera l’unanimité des vingt-sept Etats membres, comme toutes les questions d’harmonisation fiscale.
Fanch
