C’est ce qui ressort de la dernière analyse du collectif Les Autres chiffres du Chômage (ACDC) relative à l’indemnisation des demandeurs d’emploi.
Pour ce collectif, qui réunit chercheurs, syndicalistes et associations de chômeurs, l’amélioration de la situation financière de l’Unedic, dont les comptes sont au vert en 2006 après quatre années de déficit, est la conséquence directe de la réduction des droits à indemnisation depuis 2003.
Après 344 millions d’euros de bénéfice enregistré en 2006, le régime d’assurance chômage table sur un excédent de 2,5 milliards d’euros pour 2007.
Les droits à indemnisation ont été doublement réduits depuis trois ans par les partenaires sociaux signataires de la convention Unedic dans laquelle sont déclinées ces règles.
D’abord, le taux de couverture des demandeurs d’emploi, c’est-à-dire la proportion d’entre eux qui perçoit une allocation financée par l’Unedic, a diminué de près de sept points depuis 2003.
Aujourd’hui, moins d’un demandeur d’emploi inscrit à l’ANPE sur deux perçoit une allocation de chômage.
Le nombre de chômeurs indemnisés a diminué de près de 19% entre fin 2003 et fin 2006, alors même que le nombre d’inscrits à l’ANPE n’a diminué que de 8% au cours de la même période, souligne ACDC.
Du fait des règles ouvrant droit à indemnisation et du mode de calcul du salaire de remplacement, les jeunes, les femmes et les moins qualifiés sont moins souvent indemnisés que les autres catégories de demandeurs d’emploi.
Les ressources des chômeurs non indemnisés par l’Unedic, soit plus de la moitié des demandeurs d’emploi incrits à l’ANPE aujourd’hui, varient entre rien – cas des jeunes de moins de 25 ans, de chômeurs vivant dans un foyer dont les ressources ne leur permettent pas de prétendre à une indemnisation financée par l’Etat – et une série de minima sociaux : l’allocation de solidarié spécifique (ASS, chômeurs en fin de droits aux Assedic), l’allocation d’insertion (AI, demandeurs d’asile et sortants de prison), devenue l’allocation temporaire d’attente (ATA) depuis novembre 2006, et l’allocation équivalent retraite (AER, chômeurs âgés).
Non seulement le niveau de ces prestations est très faible – entre 35% et 50% de l’indemnisation moyenne des chômeurs – mais seuls 10% du total des demandeurs d’emploi les perçoivent.
Fanch
