Le conseiller politique de Nicolas Sarkozy Patrick Devedjian a estimé qu’il serait « anormal » que Jean-Marie Le Pen n’obtiennent pas les 500 parrainages d’élus qui lui permettraient de se présenter à la présidentielle.
« Ce serait un dysfonctionnement de notre démocratie que quelqu’un qui représente plusieurs millions d’électeurs n’ait pas le droit de se présenter alors que des candidats, qui représentent pour certains peu de choses, puissent le faire », a-t-il commenté.
Jean-Marie Le Pen s’est présenté dimanche à Lille comme le candidat des Français « obscurs » et « sans-grade », dans une convention présidentielle à l’atmosphère tendue par les difficultés du chef du FN a recuillir les 500 parrainages nécessaires pour se présenter.
Au moment de commencer son discours final, consacré aux questions économiques et sociales, Jean-Marie Le Pen a accusé implicitement, devant plus de 2.000 de ses partisans, son rival Philippe de Villiers de chercher à dissuader les maires de signer pour lui, dans une « manoeuvre particulièrement crapuleuse ».
« Il est probable que cette manoeuvre » consistant à appeler les maires au téléphone pour les dissuader de signer « vient d’un candidat qui se trouve jusqu’à présent dans les sous-sols des sondages, et qui espère grâce à cette manoeuvre pouvoir prendre ma place », a déclaré Jean-Marie Le Pen, en demandant aux maires « de ne pas se laisser intimider ».
La tension sur les parrainages n’a pas empêché toutefois le FN de dérouler une convention bien rôdée, terminée par un discours en apothéose où Jean-Marie Le Pen s’est présenté comme celui qui redonnera « le pouvoir » aux Français « petits, sans-grade, humbles, travailleurs ».
Dominique Voynet, candidate des Verts à l’élection présidentielle, a déclaré dimanche disposer de 475 parrainages sur les 500 requis et a mis en garde le Parti socialiste contre toute tentative de « chantage ».
Ça remonte pas mal, mais je sais que j’ai besoin d’en chercher encore une bonne centaine pour être à l’abri de tout revers de fortune », a déclaré l’ancienne ministre de l’Environnement au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.
Dominique Voynet a de nouveau dénoncé des pressions du Parti socialiste pour dissuader les élus PS de lui accorder leurs signatures.
« On fera sans céder à quelque chantage que ce soit », a-t-elle ajouté, évoquant la perspective des élections législatives.
La candidate écologiste Corinne Lepage a reconnu lundi qu’elle voterait « plus facilement » pour François Bayrou que pour d’autres candidats, si le président de l’UDF était qualifié pour le second tour.
« Celui qui peut bousculer un peu l’establishment dans le système, c’est François Bayrou, c’est pour ça que je voterais éventuellement pour lui au deuxième tour » et en tout cas « plus facilement que pour d’autres », a expliqué Corinne Lepage sur France-2.
Corinne Lepage, présidente de Cap 21 a précisé qu’elle n’est « pas très loin » des 500 parrainages nécessaires pour valider sa candidature. « J’ai dépassé les 470 », a-t-elle précisé. Elle s’est prononcée pour une modification de la règle imposant ces 500 parrainages.
Fanch
