L’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a critiqué jeudi les références de Nicolas Sarkozy aux travailleurs, jugeant que son « numéro dépasse les limites de la décence et du sérieux ».
« La manipulation commence lorsqu’il essaie de tourner ses figures contre nous, contre la gauche: il n’y a rien de changé, la droite d’hier calomniait (Jean) Jaurès et (Léon) Blum de la même manière que l’homme de droite Sarkozy aujourd’hui dénigre la gauche », a-t-il commenté sur RTL dans une de ses rares interventions dans la campagne présidentielle.
« Je l’ai entendu dire que la vraie gauche, la gauche de Blum (…) aimait le travail, la gauche d’aujourd’hui de Royal parle de statut, fait les 35 heures parce qu’elle n’aime pas le travail ».
Les critiques de Lionel Jospin « ne s’adressent pas à Ségolène Royal parce qu’elle mis le travail au centre de ses préoccupations dès le début de sa campagne », a-t-il avancé.
« Dans le secteur public cela les protège, dans le secteur privé c’est le contrat: si on a un CDI on est plus protégé que si on a un emploi précaire ou un CDD », a souligné l’ancien Premier ministre.
Enfin dans ses charges contre les 35 heures, le candidat de l’UMP « procède à trois mystifications », a noté M. Jospin.
« Il fait comme si c’était le salarié qui décidait de son temps de travail et il parle travail mais il ne parle jamais emploi ».
« La troisième mystification: il ne parle jamais des salaires, du pouvoir d’achat, de hausse de salaires ».
Lionel Jospin conclut qu' »il nous fait autour du travail le coup de la fracture sociale que nous avait fait Chirac il y a 12, 13 ans maintenant « .
Fanch
