Les Noirs de France se comptent, ils seraient 1,865 million, âgés de plus de 18 ans selon une étude TNS Sofres, et entendent peser dans la campagne présidentielle pour lutter contre les discriminations dont ils s’estiment victimes.
Selon cette étude, la première du genre, commandée par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) en association avec le Parisien, il y aurait en France 1.865.000 Noirs de plus de 18 ans, soit 3,86% de la population.
Parmi eux, plus de la moitié (56%) se disent personnellement victimes de discrimination raciale : 12% déclarent l’être souvent, 19% de temps en temps et 25% rarement.
« Nous ne sommes là ni dans la statistique, ni dans le recensement, a-t-il déclaré, mais dans l’étude d’opinion », soulignant que l’étude était fondée sur « la perception subjective de ceux qui se déclarent Noirs ».
Il a en outre précisé que l’étude, réalisée par téléphone du 3 au 23 janvier en France métropolitaine et dans les Dom, auprès de 13.059 personnes, montrait que 81% d’entre elles étaient de nationalité française.
Patrick Lozès, président du Cran, s’est déclaré « choqué » que 61% des Noirs français se soient sentis discriminés au cours de l’année et que seuls 29% fassent confiance aux politiques.
« Les Noirs feront la différence dans l’isoloir », a-t-il lancé, rappelant qu’il n’y avait eu « que 200.000 voix de différence entre Jospin et Le Pen au premier tour » de la présidentielle de 2002.
Le président du Cran – qui a grandi en région parisienne -, pharmacien et fils d’un ancien sénateur de la IVème République, a dénoncé l’existence en France d’un « racisme de faible intensité, que l’on ne perçoit que lorsque l’on est d’un seul côté de la barrière ».
Le Cran, créé en novembre 2005 et qui fédère un millier d’associations, a soumis un questionnaire aux différents candidats à la présidentielle sur la façon dont ils comptent lutter contre les discriminations, et attend les réponses pour le 16 février.
Fanch
