Accusés de surveiller l’entourage de Ségolène Royal, les Renseignements généraux ont reconnu avoir établi une fiche sur l’ancien directeur de Greenpeace France, Bruno Rebelle.
L’intéressé, qui a rejoint l’équipe de campagne de la candidate socialiste ce mois-ci, a déposé une plainte pénale.
« La direction des RG reconnaît avoir produit une fiche sur M. Bruno Rebelle mais nie avoir reçu une demande d’enquête spéciale du ministre de l’Intérieur », a déclaré un porte-parole de la direction centrale des Renseignements généraux.
Elle a été actualisée à la mi-janvier, juste après son entrée dans l’équipe de Ségolène Royal comme conseiller à l’environnement, expliquent les RG.
Ils justifient cette démarche par le fait que Bruno Rebelle était dans la « contestation environnementale » et assurent n’avoir reçu aucun ordre du ministère de l’Intérieur.
Les avocats de Bruno Rebelle ont déposé à Paris une plainte avec constitution de partie civile contre « X » pour « collecte et traitement de données à caractère personnel et atteinte à l’intimité de la vie privée ».
Bruno Rebelle a en outre saisi la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) pour avoir accès au dossier informatique constitué par les RG sur lui.
Me Jean-Pierre Mignard, son avocat, s’est indigné « qu’un service de police s’autorise ou se voit missionner pour enquêter sur la vie privée » du responsable d’un mouvement écologiste.
Le ministre de l’Intérieur et candidat présidentiel de l’UMP Nicolas Sarkozy a estimé que l’affaire était exploitée par la gauche.
Moi je ne céderai à aucune polémique », a-t-il ajouté.
Des éléments de la note sur Bruno Rebelle publiés dans le journal Le Monde de vendredi montrent que les policiers lui donnent crédit d’une bonne gestion de Greenpeace France.
Selon Le Canard Enchaîné, cependant, six policiers des RG ont été détachés sur cette affaire pendant trois jours pour examiner les conditions du divorce de Bruno Rebelle et celles d’un litige commercial remontant à 1990.
En 2002, Nicolas Sarkozy a demandé la suppression des « notes blanches », dénuées d’en-tête de service et susceptibles de manipulations.
La gauche critique le cumul par Nicolas Sarkozy des titres de ministre de l’Intérieur, où il a autorité sur la police, et de celui de candidat officiel de l’UMP à la présidentielle.
Fanch
