Le bras de fer entre l’association Les enfants de Don Quichotte et le gouvernement concernant l’accueil des personnes vivant à la rue est loin d’être terminé.
L’association, à l’origine du campement de 200 sans-abri sur les bords du canal Saint-Martin à Paris depuis le 19 décembre, estime que le gouvernement n’a pas répondu au problème en débloquant 70 millions d’euros supplémentaires et en se fixant pour objectif 10.500 places d’hébergement dit de stabilisation d’ici fin 2007.
« Il faut que les personnes puissent se reposer, reprendre espoir et être accompagnées pendant un an, voire deux s’il le faut », estime Augustin Legrand, qui rappelle que « les personnes sont en danger de mort dans la rue ».
Le rythme de progression des places d’hébergement de stabilisation annoncé mercredi soir par Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale, à savoir 4.000 places d’ici deux mois et 10.500 d’ici un an, est selon lui beaucoup trop lent.
« Il faut un réel plan Marshall » pour les SDF et « la mise en oeuvre de la charte » pour l’accès de tous à un logement remise mardi au président de la République.
François Hollande, le Premier secrétaire du PS, a annoncé jeudi qu’il s’associait à cette charte, signée mercredi par Betrand Delanoë, le maire de Paris.
Car la question des sans-abri, rendue tout d’un coup visible par l’alignement de tentes en plein Paris, ne trouvera pas de réponse sans la prise en compte du problème du logement dans son ensemble en France, selon le responsable des Enfants de Don Quichotte.
La Fondation Abbé Pierre, qui a approuvé les mesures annoncées par Catherine Vautrin, souligne que non seulement les moyens mis en oeuvre par les pouvoirs publics en faveur de l’accueil des sans-abri restent « en dessous des besoins », mais qu’il faudrait « vraiment construire 120.000 logements sociaux par an ».
Il reste que construire des logements ne suffit pas: si en 2005 « on a battu un record de construction de logements, seulement 23% des logements construits sont accessibles aux deux tiers des Français les plus modestes », souligne Patrick Doutreligne, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre.
Fanch
