Le lancement d’un nouveau système d’exploitation est toujours un événement.
Mais lorsque celui-ci se nomme Windows Vista et qu’il est signé Microsoft, c’est inévitablement l’annonce d’une nouvelle étape pour tout l’univers informatique!
Les chiffres annoncés par le géant du logiciel sont impressionnants : 15 milliards d’euros investis, 10.000 développeurs, le produit le plus testé de l’histoire du logiciel avec 5 millions de versions bêta téléchargées…
La puissance de Microsoft dans les S.I. est telle que pour un euro investi dans Vista, 13 euros seront créés par l’écosystème des partenaires de l’éditeur, qui devraient encaisser en France pas moins de 200 millions d’euros.
50.000 emplois d’informaticien seront créés en France, dont 25.000 uniquement liés à Vista (pour assurer la migration, la formation, etc.) a prédit IDC.
« L’arrivée de Vista est un indicateur de la transformation du marché », affirme Jeff Raikes, le président de la division Business de Microsoft, qui rappelle les avantages annoncés par l’éditeur avec ses nouveaux produits : » Nous réduisons le coût de l’information dans les infrastructure en apportant plus de sérénité.
Que tant de ressources investies dans le nouvel OS pourraient être consacrées à des choses plus rentables pour l’entreprise…
Certes, mais ce serait oublier les efforts consentis par Microsoft en matière de sécurité, d’interopérabilité et d’ergonomie.
Mais surtout ce serait se tromper de cible, car paradoxalement la véritable révolution engagée part Microsoft ne serait pas tant Vista, que les autres produits introduits simultanément: Office 2007, Exchange 2007, SharePoint Server 2007.
Ne sont-ce pas eux le support de la transformation annoncée?
D’ailleurs, le discours des entreprises qui ont testé les nouvelles offres, et que Microsoft nous a invité à rencontrer, évoque moins Vista qu’Office 2007!
L’évolution des stratégies applicatives des entreprises n’est plus dans le logiciel mais dans le service Web.
A ce titre, l’OS a moins d’importance que le navigateur web.
En revanche, l’environnement bureautique, devenu plate-forme de travail et d’intégration des données, vire au front office et au back office.
Partant de ce principe, la priorité doit porter sur la plate-forme (.NET), sur le format de fichiers ouvert (OpenXML) et sur les outils locaux de traitement des informations distantes (Office).
Il est vrai que parmi les 1000 invités de l’événement figuraient une majorité de chefs d’entreprises qu’il faut séduire, car la migration massive vers Vista reste encore à démontrer.
« Le copier/coller est plus facile grâce au nouveau format de document, même dans un mail. »
« Nous consommons désormais des documents au travers d’un navigateur web sans passer par InfoPath », rappelle le fondateur de Kayentis, une solution originale de papier électronique.
« Pour des environnements multipostes et de plus en plus collaboratifs, Office 2007 simplifie le développement d’applications métier, avec un format de fichier OpenXML plus petit, plus sécurisé, et en standard ouvert », commente le fondateur de SoftFluent, qui développe un accélérateur de développement en approche bureautique.
Office 2007 va s’imposer en interface indissociable de l’utilisateur, le front office des services web et des applications déportées.
C’est quand même autre chose pour l’entreprise qu’un nouvel OS à l’interface 3D gourmande en ressources, interface que l’on oubliera vite, et dont la partie visible se limite à un nouvel habillage.
Microsoft a bien fait d’annoncer le même jour Windows Vista, Office 2007, Exchange 2007 et SharePoint Server 2007. Pour être ‘people ready’, le slogan de Microsoft, il ne nous reste qu’à prendre le tout…
Fanch
