Les principales études françaises sur les dangers de la téléphonie mobile ont manqué de rigueur

Les principales études françaises sur les dangers de la téléphonie mobile ont manqué de rigueur.

Telle est la conclusion d’un rapport accablant sur les méthodes de travail de l’agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset*).

En 2003, l’Afsset avait publié un premier rapport plutôt rassurant sur les risques de la téléphonie mobile sur la santé.

La première est l’Inspection générale de l’environnement (IGE), organisme de contrôle dépendant du ministère de l’Écologie.

La seconde: l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), structure interministérielle chargée d’évaluer les politiques publiques.

«Sans qu’il soit question de mettre en cause la valeur scientifique des personnes ayant constitué le groupe d’experts ad hoc, la mission regrette la faiblesse juridique du processus qui a présidé à leur désignation», peut-on lire dans leur rapport commun.

À leur nomination, il n’existait aucun conseil scientifique à l’Afsset, déplore le rapport.

Il n’y avait donc aucune structure «susceptible de valider la désignation des experts et donc de garantir leur situation au regard de conflits d’intérêts éventuels».

Le rapport estime, sans fournir de détails, qu’il y a possibilité d’établir un «lien direct» avec les opérateurs pour un des experts, et un «lien indirect» pour deux autres.

Il souligne également qu’en décembre 2002, le magazine Impact Médecine, sponsorisé par un opérateur de téléphonie mobile, a publié des articles des experts nommés par l’Afseet.

Une publication effectuée alors même qu’ils menaient leurs recherches sur les dangers de la téléphonie mobile.

Cela a «sans nul doute contribué à jeter le doute sur l’impartialité du travail qui était en cours», estiment l’Igas et l’IGE.

Le rapport de l’Igas et l’IGE a été bouclé en décembre 2005.

Mais il n’aurait jamais été rendu public sans l’action concertée de deux association de défense de l’environnement:
– Agir pour l’environnement et Priartem (**) qui ont dû saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada).

Quant à d’éventuels nouveaux travaux sur la téléphonie mobile, l’organisme ne l’exclut pas.

L’Afseet attend cependant la publication d’une étude très attendue du Centre international de recherche sur le cancer (Circ).

Fanch