Les vidéos d’amateurs taillent des croupières au monde professionnel

De plus en plus de téléspectateurs passent derrière la caméra et produisent leurs propres programmes de télévision, un phénomène qui constitue un véritable casse-tête pour l’industrie audiovisuelle, qui cherche désormais à intégrer dans une offre unique des programmes de télévision classiques, des films diffusés par internet et des vidéos amateurs.

Les sites internet de partage de vidéos, tels que YouTube ou Google Video, ont enregistré une explosion de leur fréquentation au cours des douze derniers mois – quelque 100 millions de vidéos sont regardées chaque jour sur YouTube – forçant les distributeurs audiovisuels conventionnels à améliorer leur offre.

Ainsi, le système de télévision par internet du fabricant français d’équipements télécoms Alcatel, développé en collaboration avec Microsoft et présenté lors du salon de l’audiovisuel IBC d’Amsterdam, propose désormais les canaux dédiés aux vidéos personnelles sur un pied d’égalité avec les chaînes généralistes, d’information ou de sport.

Ces chaînes de télévision personnelles diffusent en général des vidéos amateurs ainsi que des programmes partagés par des membres d’une même famille ou d’un même club de sport.

« Les producteurs amateurs font de bien meilleurs programmes que ce que l’on pourrait penser et il existe actuellement une énorme demande pour ce type d’émissions », indique Andre Mika, directeur de la programmation et de la production chez AOL, filiale internet du groupe Time Warner.

Si vous avez une histoire intéressante à raconter, les gens vous regarderont, même avec un budget serré et une petite caméra », ajoute Mika, se référant à l’audience enregistrée par la chaîne nord-américaine Current TV, qui ne diffuse que des programmes élaborés par les téléspectateurs.

« Current TV est suivie à la loupe par l’ensemble de l’industrie audiovisuelle.

Le contenu proposé est de très bonne qualité », insiste-t-il.

« Il y a des tonnes de matière première disponible, gratuite et sans coût de production.

Les distributeurs audiovisuels conventionnels câblés ou satellitaires se préparent également à mélanger des programmes professionnels avec ceux réalisés par les téléspectateurs.

UPC, le principal câblo-opérateur européen, détenu par Liberty Global, diffusera ainsi à partir de novembre une émission qui sera un mélange de production traditionnelle et de contenus bruts produits par le public, a annoncé Ivo Lochtman, vice-président du contenu vidéo.

Fanch