«L’engagement pris en novembre dernier a été tenu, sans que l’on agisse par décret ou de manière unilatérale», s’est félicité ce matin Philippe Bas, le ministre délégué à la Famille.
Depuis le début d’avril, la plupart des fournisseurs d’accès internet (FAI) proposent à leurs nouveaux abonnés un logiciel de contrôle parental dans leurs kits de connexion.
Ils peuvent, gratuitement, choisir de l’activer au moment de l’installation.
C’est sur son impulsion que FAI et éditeurs ont donc négocié pendant plusieurs mois pour proposer, sans aucun surcoût, ce service à leurs abonnés.
À ce jour, «80% des FAI ont mis en oeuvre ce logiciel de contrôle parental», poursuit le ministre.
Comme prévu, les logiciels de contrôle parental fonctionnent sur le principe des « listes blanches » pour les enfants (ne sont accessibles que les sites présents dans la liste), et sur celui des « listes noires » pour les adolescents (impossibilité de consulter les sites référencés dans la liste).
Chaque liste est propre à l’éditeur du logiciel choisi par le FAI.
Mais pour le ministre de la Famille, la responsabilité des parents est essentielle: «Nous fournissons un outil gratuit, simple d’utilisation et performant, mais si les parents ne sont pas là pour accompagner les enfants sur internet, nous n’aurons pas rempli notre mission.» D’où une campagne de sensibilisation, qui sera diffusée sur TF1 du 15 mai au 2 juin: une dizaine de spots d’une cinquantaine de secondes, qui mettent en scène une famille classique face aux problématiques de l’internet.
Fort de ce succès, Philippe Bas veut désormais mettre en place un «label famille», avec pour objectif de «permettre aux parents de repérer facilement sur internet les services et les contenus qui ne présentent pas de risques pour les enfants».
Une initiative qui semble toutefois compliquée à mettre en place, car plusieurs ministères sont sur le coup.
En effet, le Forum des droits sur internet (FDI) a été chargé par le ministère de la Famille en octobre 2005 d’élaborer le cahier des charges pour un tel label.
Alors même qu’il planchait déjà depuis avril, à la demande de l’Intérieur, sur un projet similaire mais plus large, pour l’ensemble des prestataires internet (fournisseurs d’accès et de services).
Au début du mois, le FDI a rendu son rapport début avril aux deux ministères, avec des propositions englobant à la fois les questions de protection de l’enfance et de la famille, mais aussi la sécurité informatique, la lutte contre le spam ou encore contre les escroqueries comme le phishing.
«Nous préconisons une marque de confiance, c’est-à-dire un logo ou encore un signe distinctif, mais pas un label», précise à ZDNet.fr Benoît Tabaka, juriste au FDI.
Ce dernier préconise un contrôle a posteriori, réalisé par «un organisme indépendant et multi-acteur, auprès duquel les internautes pourront signaler les éventuels manquements».
Fanch
