Un mois après que l’Allemagne a levé ses objections, les onze pays chargés de veiller sur le plus vaste fonds d’archives nazies ont décidé, mardi 16 mai, lors d’une réunion au Luxembourg, de les ouvrir prochainement aux historiens.
L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, la Grèce, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, les Etats-Unis, la Pologne et Israël ratifieront « le plus rapidement possible » l’amendement au traité de 1955 régissant ces 47 millions de documents, portant sur 17,5 millions de victimes du nazisme, ont annoncé les ambassadeurs présents.
Entreposées sur 27 kilomètres de linéaire, dans des bâtiments quelconques de la tranquille localité de Bad Arolsen (centre de l’Allemagne), ces données n’étaient jusqu’ici consultables que de manière nominative, sur requête d’une ancienne victime ou de ses ayants droit.
Les registres des camps de concentration ou autres mandats d’arrêt établis par la Gestapo avaient été rassemblés et classés après la guerre au sein de ce Service international de recherches (SIR).
Son but : retrouver les civils déportés ou soumis au travail obligatoire par le régime hitlérien, retracer leurs parcours et, éventuellement, apporter aux victimes une preuve de leur internement, afin d’ouvrir la voie à leur indemnisation.
A New York, le Congrès juif mondial, qui fédère les communautés juives établies à travers le monde, s’est dit « heureux qu’après soixante ans, les millions de preuves écrites des meurtres de masse commis par les nazis contre les juifs soient ouvertes aux chercheurs.
« Il n’y a rien de fondamentalement nouveau à attendre de ces documents », selon le professeur Wolfgang Benz, directeur du Centre de recherche sur l’antisémitisme à la Technische Universität de Berlin, auteur de nombreux ouvrages sur l’Holocauste et le IIIe Reich.
Fanch
