Loi DADVSI : réactions des presses étrangères

Les médias anglophones ont été les premiers à réagir sur les mesures d’interopérabilité introduites dans le projet de loi Dadvsi.

Et à évoquer les conséquences pour Apple, dont le modèle économique pour la vente de musique repose sur un système fermé entre sa plate-forme iTunes Music Store et son baladeur iPod.

Autre raison évoquée par le Los Angeles Times : «Les Français se sont montrés moins sensibles que les Américains face au charisme de Steve Jobs».

La conclusion est implacable: «Le Sénat français devrait rejeter ce projet de loi et laisser le marché résoudre lui-même le conflit sur les formats.»

Rajoutez une généreuse cuillerée de politique française, et mélangez le tout avec une pincée d’idéologie socialiste.

«Si le texte est adopté, cela pourrait devenir aventureux de faire des affaires au pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité – et dans le cas d’Apple, une raison pour ne pas en faire.»

Pour Wired, l’enthousiasme est carrément de mise: «Comment la France est en train de sauver la civilisation» titre le magazine dans son édition en ligne.

Selon son analyse, Apple prend de plus en plus de place sur le marché de la distribution de contenus audio comme vidéo.

Et il va se comporter comme tous les autres grands groupes mondiaux puissants, comme un monopole prédateur.

Peu d’utilisateurs de Mac sont prêts à affirmer que le monopole de Microsoft dans le domaine des PC a été une bonne chose pour l’industrie, pourquoi un monopole d’Apple dans le secteur du divertissement numérique serait-il différent?

Les réactions en Europe se sont montrées pour la plupart plus modérées, la plupart des quotidiens se contentant de comptes-rendus factuels de la situation et de la réaction des protagonistes.

«La future loi pourrait aussi avoir des conséquences sérieuses pour les principaux rivaux d’Apple en France», rappelle judicieusement de son côté The Guardian.

En Allemagne, c’est Die Welt qui pousse l’analyse le plus loin: «On se demande ce que veulent réellement les entreprises [comme Apple]», peut-on lire dans le quotidien.

Par ailleurs, on n’exige pas que les titres soient proposés sans DRM, mais plutôt que les systèmes soient compatibles les uns avec les autres.

Fanch