La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a annoncé, mardi sur Europe 1, qu’elle avait saisi la justice dans l’affaire du Clemenceau et demandé au procureur de Marseille d’ordonner une enquête sur des « présomptions d’irrégularités » de la société de désamiantage Technopure.
« J’ai saisi le procureur de la République de Marseille afin qu’une enquête soit ordonnée sur deux points: l’écart constaté entre le poids de l’amiante que Technupure dit avoir retiré du Clemenceau et le poids pesé par le centre d’enfouissement – c’est les trente tonnes d’écart qu’il y a – et d’autre part la disparition d’un certain nombre d’équipements de bord composés de différents autres métaux non ferreux », a affirmé Mme Alliot-Marie.
La ministre a demandé au procureur de donner à son enquête « les suites judiciaires nécessaires ».
La société Technopure est la première prestataire qui avait été chargée du désamiantage du Clemenceau, commencé à Toulon.
Elle avait été « écartée du chantier pour des insuffisances et des manquements, notamment à l’information », a relevé la ministre.
« J’ai ordonné récemment une enquête qui a été confiée au contrôle général des armées.
Ses conclusions font apparaître de la part de la société Technopure (…) des présomptions d’irrégularités qu’il appartiendra éventuellement à la justice de confirmer », a affirmé Mme Alliot-Marie.
Technopure « a refusé de nous remettre un certain nombre de documents qui nous permettent de comparer ce qu’elle nous a dit avoir retiré du Clemenceau et le poids pesé dans le centre d’enfouissement », a-t-elle ajouté.
En ce qui concerne les informations supplémentaires voulues par New-Delhi, Mme Alliot-Marie a également expliqué que « les Indiens ont demandé une nouvelle commission d’expertise (…) pour avoir un certain nombre de militaires dans la commission d’expertise, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, et la Cour suprême indienne a estimé qu’il y avait besoin de ce type d’experts parce qu’il y avait de grandes différences entre les navires civils et les navires militaires ».
« Je fais entièrement confiance à la Cour suprême indienne, je ne veux pas entrer dans les polémiques sur les quantités (d’amiante restant à bord du Clemenceau) », mais « lorsque la cour aura rendu sa décision, je ne manquerai pas de rétablir toute la vérité », a également affirmé Mme Alliot-Marie.
L’ex-porte-avions français Clemenceau est bloqué au large de l’Inde, la Cour suprême indienne ayant ordonné lundi une expertise sur ce navire et interdit son entrée dans les eaux territoriales indiennes avant sa prochaine réunion, vendredi.
En France, le commissaire du gouvernement, magistrat indépendant chargé de dire le droit, a recommandé au Conseil d’Etat de suspendre le transfert du Clemenceau en Inde.
La Cour suprême indienne, qui doit décider d’autoriser ou pas l’ex-porte-avions à achever son désamiantage et être démantelé dans un chantier de l’Etat du Gujarat (ouest), a souhaité que le nouveau groupe d’experts détermine avec quoi et comment a été construit le Clemenceau.
Fanch
