Lors du Comité interministériel de contrôle de l’immigration (Cici) qui s’est tenu hier à Matignon, Dominique de Villepin a validé, en l’amendant, l’avant-projet de loi relatif à l’immigration et à l’intégration présenté par le ministre de l’Intérieur.
Tentant de désamorcer les vives critiques suscitées à gauche et dans le milieu associatif par les annonces de Nicolas Sarkozy dans le «Le Journal du dimanche», il a insisté sur «la nécessité de trouver le juste équilibre entre des exigences humanitaires, économiques, sociales et de sécurité».
Convaincus que l’immigration sera l’un des thèmes majeurs de la présidentielle de 2007, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont bataillé ferme pour imposer leur vision des choses.
C’est sur la portée à donner au projet de loi que les divergences sont les plus frappantes : alors qu’au ministère de l’Intérieur, on estime que les propositions de Nicolas Sarkozy viennent mettre un terme à trente années de flottement en matière de politique migratoire, à Matignon, on insiste au contraire sur la «continuité» par rapport aux précédentes loi de la droite, en récusant toute idée de «rupture» ou de «refondation».
«Pas de quotas», a ainsi tranché Dominique de Villepin au motif que cela serait contraire à la «tradition républicaine» de la France.
Et «les chiffres sur le nombre de titres de séjour et de visas que nous envisageons de délivrer» n’auront qu «une valeur indicative».
Afin de tempérer l’enthousiasme de son ministre de l’Intérieur, le Premier ministre lui a aussi fait comprendre, hier, qu’il ne pourrait assumer à lui seul la paternité du projet de loi, puisque celui-ci «sera défendu en liaison avec les différents ministres concernés», parmi lesquels le ministre de l’Emploi, Jean-Louis Borloo, avec lequel les passes d’armes ont été nombreuses ces derniers jours, le ministre délégué à l’Enseignement supérieur, François Goulard, et le ministre de l’Outre-mer, François Baroin.
Fanch
