La faible mobilisation enregistrée mardi lors des manifestations pour demander le retrait du Contrat première embauche (CPE) a visiblement conforté le gouvernement dans ses convictions.
Alors que l’on s’attendait à d’interminables délibérations sur le sujet, l’Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le CPE.
La séance a été levée sitôt adopté le CPE par 51 voix UMP, contre 23 voix PS, PCF, Verts et UDF.
Il reste aux députés à examiner encore 25 articles, d’ici à la fin de la semaine, pour achever l’examen du projet de loi sur l’égalité des chances qui fera l’objet d’un vote solennel le 21 février.
Réservé aux jeunes de moins de 26 ans embauchés dans une entreprise de plus de 20 salariés, quel que soit leur niveau de qualification, le CPE est un contrat à durée indéterminée (CDI), assorti d’une « période de consolidation » de deux ans au cours de laquelle le salarié peut être licencié sans motif.
« Le CPE est un nouveau contrat de travail reposant sur un nouvel équilibre entre souplesse pour l’entreprise et droits nouveaux pour le jeune salarié », s’est félicité Gérard Larcher (Emploi), dans une déclaration à l’AFP.
Il viendra « conforter les premiers succès remportés en matière de baisse du chômage et offrir à tous les jeunes une perspective d’avenir », a-t-il ajouté.
Depuis le 31 janvier, début de l’examen du texte sur l’égalité des chances, les députés de gauche et de l’UDF ont ferraillé contre ce contrat, à leurs yeux, « précaire ».
Le CPE a été lancé par Dominique de Villepin, début janvier, dans le cadre de son plan d’urgence pour l’emploi.
Plaidant la nécessité de s’attaquer sans attendre au chômage des jeunes, le Premier ministre a choisi d’introduire son dispositif dans le projet de loi sur l’égalité des chances, élaboré au lendemain des violences dans les banlieues, l’automne dernier.
Après des heures de discussions, furieux, le président de l’Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, est sorti de ses gonds jeudi peu après une heure du matin.
Fanch
